Je m'habillerai de nuit

Informations
  • Titre VOI Shall Wear Midnight
  • Sortie VO02/09/2010
  • Sortie VF21/04/2011
Résumé

« J'ai la trouye pou la ch'tite michante sorcieure jaeyante... »

Tiphaine Patraque est une sorcière. Et elle croit accomplir du bon travail pour les habitants duCausse. Même si le travail consiste surtout à panser des jambes, à couper les ongles de pied desvieilles femmes, et que la... magie en est souvent absente, quoi.

Ainsi que le sommeil.

Mais, quelque part – dans l'espace et dans le temps –, une pelote inextricable de méchanceté, de malveillance et de haine s'est réveillée. Et elle réveille aussi toutes les vieilles histoires, celles sur les vieilles sorcières maléfiques.

Tiphaine n'est soudain plus sûre de bien agir. Et ses tout petits alliés – les batailleurs Nac mac Feegle – ne font que rendre les choses plus difficiles.

Des choses censées s'arranger après une bonne nuit de sommeil.

Mais il n'en est rien. Elles vont très, très nettement empirer. Et une sorcière doit se charger des problèmes...

Éditeurs
  • L'Atalante
    • Date de Parution21/04/2011
    • Nombre de Pages448
    • Traduction dePatrick Couton
    • Illustration dePaul Kidby
    • Codes ISBN : 9782841725410
Points de vue
  • BaronBreton le 16/05/2011 - 7.5/10

    Tout a commencé après avoir sauvé son petit frère et Roland le fils du baron de la reine des elfes avec l'aide des Nac mac Feegle, de bien curieuses fées ; puis la jeune fromagère et future sorcière de cette histoire a échapé à un "rucheur", esprit étrange qui se loge dans votre esprit et s'empare de vos pensése, sans oublier de rencontrer la plus puissante des sorcières du monde ; elle a par la suite dansé avec l'Hiver en personne et bien failli ne jamais laisser l'Eté revenir mais on en apprend tous les jours (surtout avec les "conseils" d'autres sorcières). Après toutes ces aventures Tiphaine Patraque méritait bien du repos. C'est ainsi une jeune sorcière que nous retrouvons chez elle. Et être sorcière ce n'est pas uniquement lancer des sorts, préparer des potions ou maudire le royaume. Oh non ! C'est surtout s'occuper des gens et des oubliés, tous les jours, tout le temps, pour TOUS les soucis (inutile de vous faire un dessin) ; les grandes aventures sont des choses rares et dont on se passe bien finalement. Savoir prendre soin des autres est le rôle le plus important d'une sorcière car elle seule en est capable et la seule à y penser surtout. Et c'est là-dessus que repose ce tome : le rôle d'une sorcière, son image, ses doutes, bref la vie d'une sorcière. Tiphaine est seule cette fois et devra y arriver seule (ou presque). Devenue une sorcière elle a moins besoin d'aide, ce qui relègue les Nac mac au bien lointain second plan, et c'est de suite l'humour du roman qui s'en ressent : il est beaucoup moins drôle que les précédents... à l'image de son "collègue" Harry Potter, Tipahine a grandi et ses histoires aussi, ce n'est plus la petite fille de neuf ans qui croyait aux fées. Ce tome est sombre, beaucoup plus sombre et ceci dès le début mais cela ne gâche en rien la qualité du récit, il est juste différent. L'histoire quant à elle joue sur le rôle de la sorcière et de la vision qu'elle renvoie aux gens. L'auteur s'amuse ainsi avec l'image que l'on donne et que l'on porte de par le passé et les histoires, il s'amuse surtout avec celle récurente des contes de fées, et de la bêtise et de la méchanceté des gens (il rappellera le QI de la foule aux lecteurs de Pratchett). Il y aura aussi un grand méchant certes (beaucoup moins charismatique) mais c'est un effet de foule que Tiphaine devra affronter et une foule qu'elle connaît bien. Sans oublier ses doutes et sa fatigue, Tiphaine devra avant tout se trouver elle-même. Elle aura besoin de tout son courage et de toute l'aide possible pour protéger cette fois-ci (et pour la première fois) ce qui lui est le plus cher : son chez elle, le Causse. Et ainsi devenir une véritable sorcière, à tout jamais. A noter que contrairement aux tomes précédents, celui-ci nécessite un certain petit bagage du Disque-monde, voire même un bagage bien rempli (sans jeu de mot, pour ceux qui connaisse 'Le Bagage'). On retrouve des personnages bien connus tout au long du roman et ceci jusqu'au bout. C'est un vrai cadeau aux fans mais ce l'est moins pour les non-initiés, mais ils peuvent faire sans. Vous me direz que lire un cycle sous-titré "un roman du Disque-monde" sans lire le Disque-monde est étrange mais ça existe, ce qui fait qu'on est aux anges en tant que fans mais on l'est beaucoup moins quand on ne connait que Tiphaine et les Nac mac, le roman est alors plus dur à apprécier dans son ensemble. Bon pour un finish il fallait un peu de fanservice comme LA rencontre du livre mais elle est un peu trop facile, digne d'un coup de baguette de magicien "POUF! Et voilà! oui, oui, ta gu*le c'est magique." ; mais là encore les fans parleront de la logique du narrativium (voir La Science du Disque-monde), les lecteurs classiques eux auront plus de mal a apprécier ce grand moment et surtout à expliquer son arrivée dans le récit. Mais ce tome ne propose pas que des visages bien connus des initiés (encore heureux), il nous présente de nouveaux visages hauts en couleurs, comme celui de la duchesse future belle-mère de Roland au caractère plein de clichés ou Madame Proust sorcière de son état et commerçante de profession, mais aussi de bonnes surprises comme Laititia véritable rivale de Tiphaine, sans oublier la garde du château avec en premier lieu Preston, un simple garde qui saura se rendre plus que sympathique et indispensable. Pour revenir sur ce truc de narrativium (l'élément qui compose le récit chez Pratchett), l'histoire est d'un pratchettisme classique : tout va bien, petit élément pertubateur, l'héroïne fait un voyage puis revient à son point de départ, petite pause et grand dénouement. La seule différence avec un Pratchett classique c'est qu'il n'y a pas de premier grand combat au cours du voyage, non, il sert là à donner des infos à l'héroïne (oui c'est facile et classique) et surtout à lui offrir UNE grande rencontre (LA fameuse rencontre), c'est toute l'histoire qui est un combat pour Tiphaine. Il y a peu de temps morts et les quelques uns servent de repos au lecteur et à la jeune sorcière (surtout un repos psychologique). En étant sincère il ne se passe pas grand chose d'Enormeuh mais il se passe toujours quelque chose, Tiphaine est partout et doit tout faire, car elle en est la seule capable. L'un des tomes les plus complets s'il ne demandait pas ce petit bagage du Disque-monde et certaines facilités vraiment trop faciles... (propres au style de Pratchett). Entre ses rencontres, ses actions, ses motivations, sa solitude, la jeune sorcière boucle en tout cas définitivement la boucle, la fin d'un âge ^^ Merci Tiphaine Pattraque et merci sir Terry Pratchett

  • SFX Magazine le 03/09/2010 - 10/10

    Une note excellente de la part de SFX Magazine (cinq étoiles !), même si la critique s'étend finalement assez peu sur ce qui fait les qualités du livre. Attention, le paragraphe 4 est très légèrement spoilerifique. Traduction : Anilori Les sorcières ont mauvaise presse depuis des années : des figures méchantes, ricanantes, qui changent les gens en amphibiens sur un caprice et parce qu'elles le peuvent. Pourtant, la sorcière représente aussi un pouvoir utilisé avec sagesse, la femme sage qui a l'œil d'une guérisseuse pour la fragilité de la vie. La tension entre ces deux images traditionnelles est au centre de la représentation des sorcières chez Terry Pratchett presque depuis le début. Pensez à Esmé « Mémé » Ciredutemps dans La Huitième Fille, une sorcière si puissante qu'elle doit surveiller son propre comportement de près pour ne pas passer du côté obscur. Et pourtant, même s'il y a fait allusion, Pratchett n'a encore jamais traité de ce qui se passe quand les gens ordinaires se retournent contre les sorcières, quand l'hystérie de Salem se prépare, quand les débordements de la populace prennent le pouvoir et que chaque sorcière devient une ricaneuse maléfique plutôt qu'une femme sage. Comment, et pourquoi, cela pourrait-il se produire ? Pour répondre à ces questions, Pratchett revient encore une fois à Tiphaine Patraque, la sorcière du Causse, que nous avons découverte comme fillette de neuf ans dans Les Ch'tits Hommes Libres, un roman vendu comme de la littérature jeunesse. Deux tomes plus tard (Un Chapeau de Ciel et L'Hiverrier), Tiphaine est devenue une adolescente très adulte pour son âge qui porte sur ses épaules, sinon le poids du monde, sinon celui du village dont elle s'occupe. C'est une sorcière pratique, ce qui, sur le Disque-Monde, revient à être une infirmière de proximité doublée d'une assistance sociale, mais avec un sacré cran. Mais des ennuis se préparent. [Ici commencent les spoilers] Une figure maléfique s'est éveillée, une créature pleine d'amertume et de jalousie qui fait sa proie des esprits des hommes et les retourne contre les sorcières : le Malicieux (« the Cunning Man » en VO). Ce personnage, ou plus précisément cette chose, Tiphaine devra l'affronter seule. Oh, il se pourrait que les autres sorcières lui donnent des conseils avant la confrontation finale, mais il y a des batailles qu'une sorcière doit livrer par elle-même si elle veut pouvoir exiger le respect. Question rites de passage, celui-ci est beaucoup plus ardu que d'apprendre à éloigner la faim en versant de l'eau chaude sur des nouilles déshydratées... [Fin des spoilers] Si tout ceci paraît plutôt solennel, rassurez-vous : autour de cette intrigue centrale, l'humour caractéristique de Pratchett est tout aussi évident que d'habitude. Cela signifie notamment que les gags empruntés à l'ère du music-hall sont à nouveau de sortie. (Une infirmière égoïste et mesquine dit à Tiphaine qu'elle n'a « jamais encore été insultée de la sorte ». « Vraiment ? répond Tiphaine, j'en suis réellement étonnée ».) En outre, les Nac Mac Feegle sont là pour fournir des moments de comédie physique, en lien avec la bagarre et l'alcool, et Pratchett n'a aucun scrupule à utiliser des personnages comiques de base, comme la noble dame qui n'est pas aussi chic qu'elle le fait croire. Mais tout cela ne signifie pas que le livre manque de profondeur et de résonance. On y trouve par exemple une image clé, récurrente tout au long du livre, et qui est directement empruntée à l'enfance de Pratchett, tandis que le Causse où se situe l'histoire rappelle nettement les paysages du sud de l'Angleterre où l'auteur a pris résidence. Surtout, on a l'impression que Pratchett comprend la vie de la campagne jusqu'au plus profond de sa nature –ses rythmes, ses joies et aussi ses considérables frustrations. Si on voulait être archi-critique, on pourrait dire que Tiphaine est sous certains aspects une version rajeunie de Mémé, mais ce n'est pas un argument que nous soutiendrions avec conviction. Ce qui nous en reste est l'impression d'être en compagnie d'un grand auteur comique, d'un esprit dont le monde fantastique illumine le nôtre parce que, en fin de compte, c'est plus ou moins le même endroit.

  • Joshua S. Hill (Fantasy Book Review) le 29/09/2010 - 9/10

    Critique : Fantasy Book Review Traduction : Leïa Tortoise Garanti Sans Spoiler Ajouté. Un de mes auteurs préférés est Terry Pratchett. Ce n'est pas un secret si vous avez passé ne serait-ce qu'un tout petit peu de temps à explorer Fantasy Book Review ; ses livres remportent régulièrement 10 sur 10, dans mes critiques, et il a l'esprit le plus affûté et le plus grand talent pour raconter que j'aie eu le plaisir de lire. Sans surprise donc, Sir Pratchett l'a fait une fois de plus avec son dernier roman du Disque-monde, "I Shall Wear Midnight", le quatrième de sa série de Tiphaine Patraque, qui suit les épreuves et les tribulations d'une jeune fille devenant une sorcière dans un pays qui ne veut pas de sorcière. Je me demande si quelqu'un qui n'a pas lu les trois précédents Tiphaine apprécierait celui-ci autant que quelqu'un qui les as lus. Une grande part de l'histoire de Tiphaine, pour moi du moins, consiste à la voir grandir et se glisser dans son rôle de première sorcière du Causse. Depuis ses neuf ans Tiphaine se retrouve encore et encore à devoir régler des problèmes qu'aucune sorcière ordinaire n'a à régler. Et à chaque fois elle le fait avec tellement d'habileté et de sang-froid qu'il n'est pas surprenant qu'elle soit annoncée comme une sorcière très particulière. Midnight se déroule quand Tiphaine n'a pas encore seize ans, et a à régler des problèmes que personne d'autre ne veut avoir à régler. C'est le travail d'une sorcière. On fait la chose qu'on a devant soi, et ensuite on fait la chose suivante. Une fois encore Pratchett écrit en entrant dans l'esprit d'une adolescente à la perfection, enfin je trouve, n'en ayant jamais été une moi-même. Mais étant donné que Pratchett n'a jamais été une fille ado non plus, on ne peut que supposer que le compte y est. Son ignorance sur certains sujets (les machintrucs gonflables roses) se mêle admirablement à une masse de compréhension que même son père n'arrive pas à saisir. Elle est naïve et maline, inculte et informée, tout dans la même jolie petite enveloppe. Et soyons honnête. Je suis tombé amoureux de Tiphaine dès le premier instant où je l'ai rencontrée. Elle est le personnage de fantasy parfait, pas stupide mais qui ne connaît pas tout. Elle apprend. Elle comprend ses limites. Elle réfléchit aux choses en profondeur et ensuite laisse ses deuxième et troisième vues réfléchir à ce qu'elle a réfléchi. Minuit se déroule rapidement. Il se passe peut-être cinq jours, au plus, et Pratchett semble avoir écrit en s'assurant que tout arrivait le plus vite possible. Cela rend une action et une narration linéaires, qui vous laisse à vous demander où sont passées les autres pages ou si le bureau de Pratchett a un tiroir plus grand quelque part. Etonnament, le premier tiers de ce livre est un peu brouillon, vous laissant l'impression que vous avez raté quelque chose, ou que vous êtes en train de rater quelque chose. Je ne suis pas sûr que ce soit bien le cas, mais je vais réserver mon jugement jusqu'à ce que je l'aie relu. Et je le relirai. Ce livre m'a tiré des larmes à la fin, des larmes de joie d'avoir lu une si belle histoire. Ca réchauffait le coeur et rendait de bonne humeur à la fois, et je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que mon coeur battait plus fort quand l'histoire a atteint son point culminant et s'est calmé ensuite. C'est définitivement un livre - comme beaucoup de livres de Pratchett - qui pourra être re-relu dans les années à venir. Et j'ai hâte de le relire le plus vite possible. Qu'est-ce que je donne comme note? Je ne peux pas. Pas encore. Probablement 9 sur 10, mais peut-être un parfait 10. C'est difficile à dire là tout de suite. Et honnêtement? C'est très sympa.

  • des lecteurs externes