Timbré

Informations
  • Titre VOGoing Postal
  • Sortie VO25/09/2004
  • Sortie VF01/05/2008
Résumé

Moite von Lipwig, arnaqueur et imposteur, est contraint à faire un choix capital : être pendu ou remettre sur pied le service postal moribond d'Ankh-Morpork.
Une décision épineuse.

Mais il doit veiller à ce que le courrier passe, malgré la pluie, la grêle, la neige, les ciens, la Société de prévoyance et de bienfaisance des employés des postes, le président malfaisant de la Compagnie sémaphorique de l'interurbain, et un tueur nocturne.
Sortir avec Adora Belle Chercoeur serait aussi bien agréable.

Peut-être faut-il un filou pour réussir là où des hommes honnêtes ont échoué ; peut-être le poste équivaut-il aussi à un arrêt de mort.
A moins qu'on assiste à une tentative de rédemption dans le monde timbré du courrier, un monde en attente d'un affranchi...

Éditeurs
  • L'Atalante
    • Date de Parution01/01/1970
    • Nombre de Pages472
    • Traduction dePatrick Couton
    • Illustration dePaul Kidby
    • Codes ISBN : 978-2-84172-419-2
Points de vue
  • BaronBreton le 19/05/2010 - 7/10

    Timbré, trentième tome des Annales du Disque-monde. Il est assez difficile de savoir par quel bout commencer cette chronique vu qu'il marque une certaine rupture dans le Disque... Tout commence donc avec une proposition que fait le Seigneur Vétérini au nouveau héros de Terry : reprendre et relancer la Poste d'Ankh-Morpork (et il est difficile de dire non au Patricien). Voici la mission quasi impossible confié à Moite von Lipwig. Mais Moite n'est pas un héros classique de Pratchett. Certes tous les précédents ont un côté anti-héros ou sombre, mais Moite est véritablement une belle ordure (oh oui), le genre de type qu'on serait bien capable de frapper tellement il est filou et roublard ! Moite est de l'autre côté de la loi, c'est sa vie et il aime ça ! Il suffit de voir sa courte rencontre avec le Guet pour le sentir. Mais seul Moite et ses coups d'arnaques à l'avance peuvent sauver la Poste (il fallait au moins ça pour inventer la « monnaie » universelle de la Poste). Et même si Moite est une vrai fouine, on ne peut s'empêcher de s'attacher à lui, surtout durant ses crises de folie avec la conscience de la Poste et des lettres. Cette Poste, véritable personnage elle aussi, qui s'extériorise aussi par ses deux postiers, surtout le jeune Yves. Le rôle féminin principal est tenu par Adora Chercœur (directrice d'une société de golems), qui rappellera par certains côté Suzane mais en plus agressive et engagée. Malgré son fort caractère elle renforce toutefois la puissance de Moite en développant son côté charmeur mais aussi gaffeur (devant les refus de la belle). S'appuyant sur un tel personnage (et tout nouveau qui plus est), Timbré promet. Surtout qu'il continue le « cycle » de révolution industrielle que vie Ankh-Morpork, déjà bien visible dans La Vérité, se comparant et jugeant beaucoup plus notre monde bien rond à nous (la Poste anglaise ayant subit une privatisation violente). Pratchett s'attaque ainsi à ce système qui privatise à outrance mais aussi sur les nouvelles technologies bonnes ou mauvaises (internet et ses geek étant bien représentés ici avec les tours clic-clac). Ainsi, en plus d'être fou et drôle, Timbré se veut engager. Pourtant c'est plus un souci de style qui peut poser problème. Timbré est tout d'abord découpé en chapitre (!!!) avec des indices en début de chapitre pour annoncer ce que l'on va y trouver. Le rythme est aussi étrange, de grands moments puis d'autres beaucoup trop calmes, et certains plus fouillis... Par certains côté (et d'un point de vue plus personnel), Timbré peut rappeler Les Ch'tits hommes Libres, un nouveau personnage au fort potentiel, une idée de récit intéressante mais un rythme décousu et qui est parfois confus. Malgré tout, Timbré est une vrai bouffé d'air frais ! Nous sommes de l'autre côté de la loi. Et cette fois tous les coups sont permis pour l'emporter. Son titre le résume parfaitement, fou mais qui arrive à nous parler de la Poste ! Pour une première venue sur le Disque, Moite marque très fort et il ne peut que monter en puissance. A noter un titre bien trouvé de la part de Patrick Couton. En effet le titre VO, « Going postal », fait référence à la même expression (traduisible par quelqu'un qui devient subitement violent et incontrôlable), inspiré par un horrible massacre à l'arme à feu commit par un postier le 20 août 1986 aux USA qui tua quatorze personnes dont six de ses collègues... Timbré rappelant ainsi le monde postal et la folie de tout à chacun.

  • Leïa Tortoise le 29/05/2010 - 9.5/10

    Ce 30° tome marque un véritable tournant dans la série, un renouveau magistral avec toute une floppée de nouveaux personnages tous plus pratchettiens les uns que les autres. Mais les anciens sont présents malgré tout - mention spéciale à Vétérini, plus omniscient et "tyrannique" que jamais. Et le tournant est en fait le développement des germes de la modernisation de la ville d'Ankh-Morpork semés ça et là lors des précédents tomes. Une parodie de la Révolution Industrielle sans la mécanique, quoi. De quoi me plaire forcément, avec aussi le petit je-ne-sais-quoi d'irrésistiblement victorien... (bien qu'en le disant je me demande bien où je l'ai trouvé, mais le fait est. peut-être tout simplement parce que Pterry s'est inspiré de la Poste british victorienne que que ça ressort dans l'esprit, quelque chose comme ça.) L'intrigue axée sur la résurrection de la Poste municipale contre les tours sémaphoriques exploitées par un pirate - littéralement - est hautement intéressante, on peut y voir tout un tas de parallèles, avec les débuts d'internet, avec les privatisations d'entreprises, avec notre Poste à nous... Et surtout, surtout, on fait la connaissance de Moite von Lipwig. Un pur escroc. Charmeur et hypocrite. Le filou indécrottable, avec toujours derrière la tête l'idée de gruger son semblable. Pile le genre de type que j'exècre le plus dans la vraie vie... Mais Moite fait l'exception! Dès le début je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir un petit faible pour lui, puis un gros faible, puis une énorme fanitude inconditionnelle ^^ Au fond c'est un gentil... Il faudra juste toute la dextérité implacable de Vétérini pour percer à jour cette nature de type bien enfouie sous des couches et des couches de roublardise. Et même quand on se dit que c'est quand même un gros salaud, on doit reconnaître qu'il a toujours eu une certaine éthique: "Vol. Escroquerie. Contrefaçon. Malversation. Mais toujours - et c'était important - sans armes, ni haine, ni violence." Ici on peut évidemment voir un parallèle entre Albert Spaggiari, et Albert Paillon, le dernier nom d'emprunt de Moite... Et les autres nouveaux personnages sont une belle floppée d'atypiques, de dérangés et de forts en gueule tous plus attachants les uns que les autres, notamment Yves, élevé par des pois ("un cas rare", c'est le moins qu'on puisse dire!) On retrouve aussi avec bonheur la fine équipe des mages, qui ont bien leur rôle dans le tome - car il faut le reconnaître, à part Vétérini et eux, les anciens ne font vraiment que passer, même Vimaire... Mais c'est largement compensé par ce renouveau grandiose, vraiment. Voilà voilà voilà. Personnellement, ce tome a été un énorme coup de coeur est en tête dans mes grands préférés de la série. Et c'est bien connu, c'est souvent des livres qu'on aime le plus dont on a le plus de mal à parler... Y'a encore des tonnes de choses qui me font adorer ce livre, mais je ne sais pas quoi exactement, je ne sais pas comment en parler, et puis c'est surtout un grand tout...

  • des lecteurs externes