[Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

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Chrysalid
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Messagepar Chrysalid » dim. 25 sept. 2016 16:36

Blanchecomme et les 7 entreprises naines (14-09-16)

Les plaines de Lancre, sektobre 1964
Durant les mois qui suivirent l'affaire des mages fous, Pat' Meryngue se vit enfin diplômé de l'Université de l'Invisible, et se vit remettre son bourdon, précieux bâton qui faisait aussi bien office de source magique que de symbole de son statut social.
Entre-temps, divers évènements étaient à signaler : l'éternel étudiant Rincevent avait disparu – il y avait quelques morts suspectes parmi les professeurs, et une étoile s'était mise à briller bien plus fort que la normale dans le ciel du Disque-Monde...
Mais le jeune mage avait déjà bien assez à faire avec ses études et ses affaires personnelles pour se laisser distraire par ces broutilles. En outre, il eut une visite inattendue en la personne de Mamie Bavure, une sorcière de ses proches officiant dans la campagne autour d'Ankh-Morpork, qui l'invita à se rendre avec elle à la cérémonie d'adieu de Miss Choumacheur, elle-même sorcière dans le village de Bruchelle, et passionnée de courses de balais.

Pendant le voyage, Pat' Meryngue put ENFIN enlever son perpétuel déguisement : il retira sa fausse barbe et sa robe de mage, dévoilant un visage et une silhouette de femme. En effet, « Pat' » signifiait Patrizia, et, affiliée aux sorcières des Plaines de Sto, avait infiltré l'Université pour y apprendre la magie, seul endroit où elle pourrait étudier un handicap surnaturel dont elle était affligée, et contre lequel les sorcières ne pouvaient rien. En outre, elle prouvait par sa seule présence qu'une femme pouvait aussi bien apprendre la magie qu'un homme, et que ce sexisme traditionnel qui la leur interdisait n'était fondée que sur une discrimination séculaire sans autre fondement que l'ego masculin, celui-là même qui régissait l'humanité depuis que le monde est monde.

Mais là n'était pas le propos, car Pat' et Bavure traversèrent les Plaines de Sto jusqu'aux frontières de Lancre, où elles se rendirent au village de Bruchelle. Là, mardi au matin, elles atteignirent une petite chaumière en bordure de forêt, dans laquelle elles découvrirent... le corps sans vie de Miss Choumacheur !

Mamie Bavure n'y croyait pas : une Sorcière SAIT quand elle va mourir, d'où l'idée de préparer une fête d'adieu entre amis, qui n'aurait pas lieu avant vendredi. Il était par conséquent inconcevable qu'elle puisse être morte avant l'heure. Sans attendre, les deux compères se lancèrent dans l'enquête.

Une étude rapide du corps dévoila des traces d'empoisonnement. Elle était encore vivante, mais à peine. Une fouille de la maison ne dévoila aucun indice suspect, hormis les flacons qui cuisaient au bain-marie dans le chaudron, remplis d'une étrange substance épaisse qui s'avéra être de la cire pour balais. Il y avait bien un panier de pommes, mais l'idée d'une pomme empoisonnée était par trop évidente et fut aussitôt rejetée. En outre, aucune pomme ne portait de trace de morsure.
Enfin, Pat' jeta un œil aux alentours de la chaumière, où elle trouva des traces suspectes : un petit quadrupède était passé devant la maison d'un pas discret... pour s'en éloigner ensuite avec l'irrégularité d'un mec bourré. Intriguées, elles décidèrent de suivre lesdites traces pour retrouver l'animal. Après avoir traversé une bonne partie du village le nez collé au sol, elles notèrent qu'il s'était arrêté un bon moment à côté d'une jolie petite maison située près d'un carrefour. Intriguées, elles vinrent toquer à la porte, se présentant comme vendeuses pour une étude de marché basé sur des savons saveur cidre. La jeune et – très – jolie femme qui vint leur ouvrir, la fraîche Neige Blanchecomme, sembla immédiatement intéressée. La conversation fut vite orientée vers la sorcière que Neige connaissait bien. Se sentant en confiance « entre filles », Neige leur confia que son mari était gentil, mais qu'il manquait cruellement d'imagination. Aussi avait-elle souvent besoin de « rencontrer » d'autres hommes dans le village. Or, pour éviter toute conséquence fâcheuse, elle achetait à la sorcière des élixirs de contraception très efficaces. En échange, elle lui donnait chaque fois un panier de pommes, dont elle se servait pour sa cire pour balais.

Après avoir quitté la jeune Neige, Pat' reprit son pistage et retrouva les traces de l'animal, qui avait finalement été pris dans un piège sur les bords d'un chemin voisin.
Mais elles finirent par le retrouver – c'était un renard – chez un fermier tout proche, qui sembla soulagé qu'on vienne l'en débarrasser : l'animal avait une façon toute particulière de le fixer qui le mettait mal à l'aise.

Au retour, elles s'arrêtèrent près de la maison de Mme Blanchecomme pour faire un bilan de leur enquête, lorsqu'elles remarquèrent un mouvement de rideau à la fenêtre d'une maison voisine. Une voisine... qui peut-être avait remarqué quelque chose ? Sans attendre, elle allèrent rencontrer Mme Potdevache, une acariâtre vieille fille obsédée par l'ordre et la propreté, qui ne cacha rien de son mépris pour Mme Blanchecomme, qu'elle qualifia de traînée sans nom, et qui ne méritait pas son mari, M. Blanchecomme, qu'elle dépeint comme étant la gentillesse incarnée.

Après avoir quitté Mme Potdevache, elles allèrent rencontrer le fameux M. Blanchecomme, un homme simple qui travaillait toute la journée. Il leur avoua que sa femme Neige lui avait demandé la veille au matin de lui apporter un panier de pommes de son verger, ce qu'il avait fait en déposant le panier devant la porte de la maison (« pensez donc, elle dormait encore à cette heure »). Pat' et Bavure en déduisirent que le panier était resté seul dehors pendant quelques instants. Si une pomme avait été empoisonnée, n'importe qui aurait pu agir à ce moment-là, pour peu qu'il y ait un bon motif... Mme Potdevache, qui méprisait Neige et avouait un faible pour son mari, avait le plus évident des mobiles...
Dans la soirée, elles retournèrent chez la vieille acariâtre pour lui dire que Neige avait mangé une pomme et était tombée raide – la vieille esquissa un bref sourire, mais reprit vite le contrôle d'elle-même. En outre, Pat' et Bavure avaient ramené le panier de pommes pour partager le thé avec elle, mais elle eut un mouvement de recul qu'elles prirent comme un aveu. Une conversation tendue et sans équivoque s'ensuivit, où Mme Potdevache, prise au piège, finit par lâcher un antidote qui ne contenait qu'une seule dose, « Ça pourra servir pour votre amie, mais vous ne pourrez pas sauver Neige ».
Enfin, elles quittèrent les lieux pour se rendre aussitôt à la chaumière de Miss Choumacheur, à qui elles donnèrent l'antidote. Le renard, qui les accompagnait toujours, toucha la sorcière... qui s'éveilla alors. « Eh bien vous en avez mis du temps ! » s'exclama la vieille femme. Elle leur avoua qu'en croquant dans une pomme, la veille, elle avait senti le poison et avait juste le temps d' « emprunter » un renard de passage pour sauvegarder sa conscience, en espérant pouvoir revenir dans son propre corps avant la date fatidique.

Pat' et Bavure dénoncèrent Mme Potdevache aux autorités, et le Seigneur Ouhain la fit exécuter pour l'exemple après un rapide procès (auquel ne participa pas M. Blanchecomme, qui avait du travail au verger).

Le jeudi fut dédié à la course de balais, gérée par 7 écuries naines (Iron Laughs, Coyote-A, Balais Mines et Wagons inc, Décas à moi, Poutre & Scierie Associé, les Fils de David et Epsion Rouge). Évidemment, Miss Choumacheur remporta là sa dernière victoire tandis que sa principale ennemie, Adèle Mac de chez Coyote-A, arriva 2ème, comme toujours).

Finalement, le vendredi, d'autres invitées arrivèrent pour fêter le départ de la sorcière dans sa petite chaumière, jusqu'au moment où la Mort se présenta avec un « C'EST L'HEURE... » très digne, avant de repartir avec la sorcière...

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Chrysalid
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Messagepar Chrysalid » jeu. 15 juin 2017 20:45

Il y a quelque chose qui sent l’œuf pourri à Moisy-lès-Bains (18-03-17)

Ankh-Morpork, gruin 1965
C'était l'été, un samedi à Ankh-Morpork, et Pat'Meryngue était en train d'étudier à la bibliothèque auprès du seul être sensé de l'institut : le Bibliothécaire. De récents évènements l'avaient changé en un énorme animal poilu – un orang-outan pour être précis – mais ça n'avait pas eu l'air de le déranger outre mesure.
Le jeune Mage lisait et relisait les lignes sibyllines du vieux grimoire ouvert sur son pupitre, jusqu'au moment où une violente vibration fit trembler tout le bâtiment ! Arraché à sa concentration, Pat' attrapa son chapeau et son bourdon et se précipita à l'extérieur pour voir un nuage de fumée s'élever vers le ciel, quelques rues plus loin. Avec une moue caractéristique, il comprit que les Alchimistes avaient encore fait exploser leur bâtiment. Sans attendre plus longtemps, il traversa le quartier et arriva dans la rue, que tous les badauds désertaient en affichant une expression de terreur, pour remarquer que la Guilde des Alchimistes s'était effondrée à moitié, et qu'un homme était suspendu à une poutre qui subsistait de l'autre moitié.
Les 4 alchimistes présents cherchaient une méthode typiquement alchimique pour sauver leur directeur, tandis qu'un Feegle – un petit être bleu au maquillage de clown - tentait d'escalader les ruines en vain. Pat' apostropha les alchimistes pour leur demander d'apporter un drap. Le directeur n'aurait plus qu'à sauter dedans. Avec un regard de mépris pour la solution basique qu'apportait leur concurrent mage, ils s'exécutèrent. Une fois le drap tendu par les quatre pseudo-scientifiques, Pat' lança un sort de démangeaison sur le directeur qui, s'agitant avec plus de force, finit par tomber pile au centre du drap...
Sauvé par la présence du Mage, Quentin Brochet tint à le remercier, lui et « son » petit compagnon bleu (qu'il remarqua alors seulement) de lui avoir sauvé la vie. Il leur proposa des vacances à Moisy-lès-Bains où il avait une masure – certes, il y avait déjà envoyé un alchimiste, Kévin Coûtecher, mais c'était il y a 6 mois, et il avait dû déguerpir depuis longtemps.
Il leur donna la clé de ladite masure ainsi que de quoi payer le voyage, puis il quitta les lieux avec ses collègues...
Intrigués par cette rencontre singulière au milieu des ruines fumantes de l'institut des alchimistes, les deux compères de fortune acceptèrent l'idée de prendre quelques vacances ; Pat' avait besoin de changer d'air, tandis que Biscotto le Clown Feegle n'était pas contre l'idée de voir du pays, lui qui n'avait jamais connu qu'Ankh-Morpork. C'est ainsi qu'après avoir réglé leurs petites affaires chacun de leur côté, ils s'enquérirent une diligence.
C'est ainsi que le lendemain dimanche, ils embarquèrent dans une calèche en partance pour Stridul, le village le plus proche de Moisy, avec à son bord quelque singuliers personnages. Le premier était Fred Grokzech, le cocher à l'air patibulaire. Ensuite venait Amélie Lancastre, large et lourde demoiselle destinée à rencontrer son futur mari à Stridul. Et pour finir venait Norbert Agruxie... clown de la Guilde des Fous et collègue de Biscotto. Le Feegle désirait éviter d'être vu par ce dernier, un monstre de bêtise et de lourdeur, et pour se faire se cacha dans le sac de son nouveau compagnon. Il fut des plus surpris de se retrouver coincé entre diverses petites culottes en dentelles au parfum agréable...

Le voyage leur parut long, voire interminable. D'un côté, la grosse Amélie racontait sa vie et le destin fascinant qui l'attendait à Stridul, à commencer par son mariage. Sur ses genoux, un « chien » (une boule de poil grognante du moins) ne cessait de japper envers Pat'. En outre, Norbert jouait son rôle du facétieux comique de service en cachant des coussins péteurs partout, et en criant de fausses alertes dès qu'une idée lui venait. Évidemment, cela rallongeait le voyage à chaque fois.

Durant la première nuit, Amélie alla dormir dans la calèche « pour ne pas tenter tous ces mâles qui sont dans la nature », mais elle eut à faire face aux ennuis de santé de son chien – il est fort probable que l'animal ait été incité à tomber malade par les nombreux chocolats que lui avait donnés Pat' en faisant mine de sympathiser. En outre, Norbert ne put s'empêcher de dissimuler des coussins péteurs un peu partout dans le campement – ce à quoi Pat' répondit par un sortilège de Sommeil debout de Frère Nisom qui fit tomber le clown comme une masse. Enfin, ils purent dormir.

Le lendemain octedi, fut plus agréable pour les deux compères ; Amélie déplorait les ennuis de santé de son animal (qui dès lors avait le poil tout collé de transpiration), et Norbert somnolait.

Ils arrivèrent à Stridul, où ils mangèrent un plateau de fruits de mer et une bière. Hélas, Biscotto força peut-être sur sa consommation d'alcool, car il tomba dans sa choppe la tête la première. Et lorsque Pat' l'en extrait, toutes les peintures de son visage restèrent à flotter à la surface de la bière. Cela eut un effet curieux sur le petit être bleu, car il sombra dans une profonde frustration... Pour l'aider, Pat' l'amena dans leur chambre d'auberge et lui refit un maquillage quelconque avec ses propres affaires, ce qui eut pour effet de l'effrayer encore plus. Car il se jeta avec violence dans un bac d'eau pour s'en débarrasser aussitôt. Et sans attendre, il refit son maquillage, avant d'enfin, retrouver son état normal.

Le jour suivant, lundi, ils se rendirent à un « Office de Tourisme » (une invention récente manifestement), où le guichetier fit tout pour les dissuader d'aller à Moisy.
Mais, loin de se laisser décourager, le Mage usa d'un sort d'oubli sur un palefrenier pour lui piquer un cheval, et tous deux de quitter Stridul au grand galop en direction des vacances tant attendues.

Mais le voyage n'était pas terminé. Car ils furent interrompus par des brigands désireux de les empêcher d'arriver à Moisy – encore ? Mais Pat' fit preuve de persuasion et leur offrit le cheval en guise de paiement pour les laisser passer. Surpris par un tel cadeau, les brigands acceptèrent. Et c'est ainsi que Pat' et Biscotto parvinrent à léguer à des voleurs un cheval qu'ils avaient eux-mêmes volés, leur transmettant leur méfait par conséquent.

Le soir même, ils arrivèrent enfin à Moisy-lès-Bains... qui s'avéra différent de ce qu'ils attendaient : en effet, le petit port de pèche encerclé par les dunes... sentait une forte odeur d’œuf pourri qui prenait à la gorge. Et les deux compères ne durent leur survie qu'à leur habitude des odeurs d'Ankh-Morpork, qui était plus terrible encore. En outre, un nuage gris recouvrait la mer sur une vaste surface à quelque distance des côtes.

Quelques emplettes plus tard, ils commencèrent une rapide enquête dans la boutique de Nestor Tick, un vieil axlandais, qui leur apprit que 1) Kévin Coûtecher n'avait pas été vu depuis 2 mois, et 2) que cette brume nauséabonde empéchait les marins de partir à la pêche à la langouste, ce qui avait de tristes répercussions sur l'économie locale. Pour finir, ils rencontrèrent Tata Chenille, la sorcière du coin, qui eut tout de suite Pat'Meryngue dans le nez...
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Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Eldar » ven. 16 juin 2017 20:52

Ah, Moisy-les-Bains ! C'est un des tous premiers scénarios Disque-Monde que j'ai fait jouer. Celui de Blanchecomme, je l'avais aussi repéré, mais je ne l'ai pas encore essayé. Par curiosité, tu te souviens combien d'heures de jeu ont été nécessaires pour boucler chacun de ces deux scénarios ?
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Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Chrysalid » lun. 18 sept. 2017 11:47

De mémoire, il nous a fallu une seule séance pour Blanchecomme... (3 ou 4 heures), tandis qu'on a mis plus de temps pour Moisy-lès-Bains - là, il a fallu 3 séances de 3 heures en moyenne (le voyage vers Moisy / la recherche d'informations / la prise de l'île).
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Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Eldar » lun. 18 sept. 2017 11:51

Ok, merci pour la réponse :)
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Messagepar Chrysalid » lun. 18 sept. 2017 12:15

Il y a quelque chose qui sent l’œuf pourri à Moisy-lès-Bains (II) (24/06/17)

Après avoir mis les choses au point en privé avec la sorcière, Pat revint à la masure de Quentin Brochet, où il trouva Biscotto en train de prendre un peu de bon temps, affalé sur le canapé. Mais celui-ci, loin de se prélasser, était en train d'étudier un curieux document à moitié calciné abandonné dans la cheminée. Hélas, seuls quelques mots étaient encore visibles : « … Kevin … gens à … Morpork… grappin… Salicien Brouhaha… empêcher… ». Cela ne voulait rien dire, mais cela n'augurait rien de bon.
Et soudain, ils furent tous deux interrompus par un bruit venant de la fenêtre de derrière ! Sans attendre, Pat' s'y précipita pour tomber nez-à-nez avec une étrange créature. A première vue, il s'agissait d'une femme – petite taille, mince et cheveux longs – mais ensuite, elle remarqua son teint pâle et ses yeux sombres. Emo ? Gothique ? Non, elle s'en défendit et prétendit être un vampire en vacances à Moisy-lès-bains, venu sur le perron de leur masure pour prendre un bain de lune. Celle-ci s'appelait Cara, et avouait que ses vacances ne se passaient pas très bien du fait de cette forte odeur qui empuantissait la mer, et empêchait de profiter de l'air marin, traditionnellement si bon pour la santé. Comme chacun d'entre eux semblait décidé à mettre fin à cette malédiction, il fut décidé que tous trois se rendraient en ville dès le lendemain pour y enquêter.

Après une nuit de repos, Pat', Biscotto et Cara descendirent sur la place principale de Moisy où ils virent tous les navires entassés au port – ils trouveraient bien quelqu'un pour leur en prêter un. Prêter ?
Pour commencer, ils s'arrêtèrent à La Langouste, pour prendre un repas et interroger les locaux : ils trouvèrent un vieillard qui leur raconta que jadis, quelques trois siècles plus tôt, un cortège de navires était passé au large de Moisy, appartenant au fameux explorateur Salicien Brouhaha. Or, l'un des navires avait coulé, mais personne n'avait jamais mené de recherches pour récupérer son chargement. Depuis, il arrivait que quelques pêcheurs remontent des vieilleries antiques avec les langoustes.
Bien sûr, les trois vacanciers comprirent que tout était lié : quelqu'un avait rendu la zone inexploitable pour explorer tranquillement la région afin de remonter des trésors perdus de Salicien.

Enfin, après le repas, ils se rendirent au port où, sans rien demander à personne, ils s'emparèrent d'un navire et prirent la mer vers le brouillard... Restait bien sûr le problème de l'odeur, mais Pat' usa de sa magie, usant de sa Diminution cognitive de Jess Aipu, pour leur faire 'oublier' tous les trois le concept même de mauvaise odeur – dès lors, ils purent traverser le brouillard sans encombres.

Au début, les choses parurent inquiétantes, car ils entendirent une sorte de rugissement, comme une créature dans la brume, puis des voix... et ils finirent par tomber sur une barque avec un homme seul qui tenait une corde tendue vers la surface de l'eau – en effet, un autre homme avait plongé pour fouiller les fonds marins. Bien sûr, les trois vacanciers accostèrent la barque et les forcèrent à leur avouer ce qu'ils faisaient là. Les deux sbires travaillaient pour Horst et cherchaient des trésors sous-marins. Grâce à un élixir préparé par leur alchimiste, ils pouvaient se promener dans la brume sans craindre l'infection.

Guidés par les deux sbires, les trois vacanciers arrivèrent en vue d'une île sur laquelle ils descendirent...

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Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Chrysalid » lun. 18 sept. 2017 12:19

Il y a quelque chose qui sent l’œuf pourri à Moisy-lès-Bains (III) (17/09/17)

Effrayés à l'idée d'avoir perdu du temps, les deux sbires retournèrent à leur travail sans s'inquiéter des trois vacanciers. L'île n'était pas grande, mais à son sommet, ils virent de grosses cornes de brume qui crachaient le brouillard nauséabond vers la mer. Entre celles-ci s'élevait une petite forteresse partiellement en ruines.

Les deux gardes qui surveillaient la plage jouaient aux cartes – probablement à l'oignon l'andouille – ne virent même pas les trois vacanciers leur passer devant le nez. Ainsi, ils purent atteindre la forêt tranquillement. Cependant, Biscotto avait eu une idée : il voulait éviter tout risque de confrontation avec les gardes de la plage, aussi se glissa-t-il entre les jambes de l'un d'entre eux pour nouer les lacets entre ses chaussures. Hélas, il manqua cruellement de discrétion lorsque, par maladresse, il marcha sur le pied dudit garde. Celui-ci l'aperçut et, poussant un cri de surprise, se releva d'un bond en envoyant valdinguer la table et les cartes. Pris au dépourvu de sa propre gaucherie, le feegle sourit de toutes ses dents, puis lâcha une boule puante avant de se boucher le nez ! Le premier garde s'enfuit devant l'horreur de la scène, tandis que l'autre se mit à vomir tripes et boyaux. Aussitôt, le feegle lui courut après, le rattrapant même en exhibant son sac où d'autres boules puantes attendaient leur tour avec impatience. Plutôt que de se soumettre, le garde se jeta à la mer...
Décontenancé, mais pas découragé, Biscotto alla alors fouiller le second garde qui se remettait à peine de son malaise, et y trouva une clé. Puis, le laissant à sa surprise, il rejoignit ses compagnons.

Mais ceux-ci s'étaient déjà enfoncés dans la forêt, préférant le laisser se débrouiller avec les gardes plutôt que de lui prêter main forte. Ils avaient marché quelques minutes avant de tomber dans une embuscade de gnomes. De centaines de gnomes. Or, l'un d'entre eux finit par s'avancer et leur demander s'ils avaient leur billet d'entrée. « C'est deux piastres » se contenta de dire le chef en tendant la main avec insistance. Après avoir constaté qu'ils ne pourraient rien tirer de toute forme de négociation, Pat'Meryngue et Cara finirent par lâcher deux pièces chacun. En échange, le chef leur tendit un ticket et la foule s'écarta avec un grand sourire.
Le mage lança à Cara un regard chargé d'incompréhension, mais la vampire auto-proclamée avait compris : ces gnomes vivaient dans une petite société capitaliste où la recherche du profit passait avant toutes les autres valeurs.
Ainsi armées de leur ticket, ils reprirent la route vers le sommet de l'île. Ils aperçurent alors une étendue rocailleuse surmontée en son centre par une vieille forteresse dont l'une des deux tours était en ruines. Tout autour, des cornes énormes crachaient de la brume noirâtre vers la mer dans toutes les directions.

Lorsque Biscotto arriva dans le coin des gnomes, il remarqua qu'une fête avait lieu dans les sous-bois à quelque distance de là. Intrigué, il s'y rendit et constata la présence de gnomes, dont le chef dansait sur une pile de pièces d'or (manifestement amassées au fil des ans).
Le feegle entra alors dans la fête, marchant droit vers le chef tandis que la musique, autour de lui, se taisait. Malgré le malaise grandissant et les regards braqués sur lui, Biscotto ne se départit pas de son sourire, et tenta de discuter avec le chef. Mais le mutisme de son entourage l'obligea à sortir les grands moyens : il offrit au chef une mystérieuse grosse boite de métal. Celui-ci, après quelques hésitations, l'ouvrit d'un geste sec... et ce fut une explosion de couleurs et de cotillons dans toutes les directions qui provoquèrent l'hilarité générale !
Alors, le chef descendit de son piédestal et posa une main sur l'épaule du feegle : « Bienvenue dans la tribu – c'est deux piastres ».

Pendant ce temps, au sommet de l'île, Cara et Pat' réfléchissaient à la marche à suivre. Le mage désirait surveiller de loin, mais la vampire était décidée à agir tout de suite. Elle ramassa une première grosse pierre et visa une meurtrière – maladroitement, elle atteignit le mur. Elle ramassa une seconde pierre et visa à nouveau la meurtrière – qu'elle atteignit cette fois ; un grand cri de douleur retentit à l'intérieur. Fière de son coup, Cara se rendit jusqu'à la porte d'entrée qui n'était pas gardée, lorsqu'un garde au visage ensanglanté émergea en vociférant. Elle se glissa alors dans la forteresse et ferma la porte derrière elle avec un grand sourire.
Mais le garde criait depuis l'extérieur, alertant d'autres occupants du bâtiment. La vampire comprit qu'elle s'était mise toute seule dans une situation compliquée, aussi alla-t-elle se cacher dans l'un des box de l'écurie, inoccupée.

A l'extérieur, Pat' avait assisté à toute la scène d'un air profondément navré ; mais à quoi donc rimait tout cela ? Lorsqu'il entendit un sifflotement décomplexé venant de la forêt : Biscotto avait quitté les gnomes – non sans leur avoir largué une bombe puante évidemment. Ils se concertèrent rapidement avant de prendre la décision d'infiltrer le bâtiment.
Ils trouvèrent un accès en passant par la tour en ruines, dans laquelle ils découvrirent les restes d'un atelier d'alchimie. En outre, les briques présentaient des traces d'explosion ; cela avait certainement du avoir lieu récemment. La preuve était faite de la présence en ces lieux d'un alchimiste...
Très vite, ils retrouvèrent Cara, et tous trois entrèrent dans la tour intacte. Le premier étage contenait un atelier malodorant, tandis que le dernier niveau était occupé par un homme sur un transat, et qu prenait le soleil en sirotant un cocktail orné d'une rondelle de citron et d'un petit parasol. Les trois compères se firent passer pour des envoyés du chef pour en apprendre un peu plus sur lui – c'était l'alchimiste Kevin Coûtecher, et il avait été enlevé par les pirates pour préparer cette mixture malodorante. Mais là, dans l'immédiat, il profitait de ses vacances, étant pour l'heure nourrit et logé aux frais de la princesse.
Pat' prit les choses en main, et vida le cocktail de l'alchimiste, lui intimant l'ordre de reprendre le travail, car, prétendit-il, une quatrième corne de pestilence devait être installée sous peu. Maugréant, Kévin descendit à l'atelier.
Enfin, au rez-de-chaussée, ils trouvèrent une porte menant au bureau de Bottefer, le chef nain de la bande. Là, ils vinrent à bout du personnage en usant conjointement de leurs talents respectifs : Cara ouvrit la porte et lança le feegle vers le nain, le feegle atterrit sur son visage stupéfait en s'agrippant à ses poils d'oreilles, tandis que Pat' lui lança un sort pour l'endormir. De fait, les trois compères purent fouiller le bureau en toute sérénité.
Il y avait là surtout des pièces archéologiques sur des étagères, et le nain dormait sur un listing qu'il était en train d'établir. En outre, ils trouvèrent sur lui une lettre de son chef Horst qui lui demandait des nouvelles, son ticket pour la forêt, ainsi qu'un croquis représentant une tablette (la quête ultime de leurs recherches ?). D'après leurs calculs, Bottefer devrait dormir au moins jusqu'au milieu de la nuit.

De retour dans la forêt, les trois compères mirent un plan au point pour « extraire » l'alchimiste de cette bâtisse, qu'il le veuille ou non. La vampire et le mage descendirent voir les gnomes pour leur signaler la présence de ces pirates qui pillaient leur île et en « volaient toutes les richesses ». Évidemment, ces mots les mirent en colère, et ils acceptèrent de participer au démantèlement de l'organisation, notamment en procédant au démontage de toutes les cornes...
Après s'être reposés en vue de l'attaque, ils revinrent au château de nuit. Hélas, un évènement imprévu se produisit : les bonbonnes de pestilence récupérées sur les cornes étaient sans effet sur les gardes, qui semblait parfaitement immunisés à l'odeur infecte ! Alors le clown utilisa ses propres outils pour les plonger dans la confusion – ils n'étaient après tout pas immunisés contre ses boules puantes, ni contre ses claque-doigts.
Ils retournèrent chercher Kévin, auquel Pat' effaça temporairement une partie de la mémoire pour qu'il oublie sa situation. De fait, il fut plus facile à ramener. En outre, il fallut encore quelques sorts et quelques cotillons pour détourner l'attention des gardes restants avant de fuir la forteresse, de traverser la forêt à toutes jambes (« c'est deux piastres »), et de voler les barques, non sans avoir au préalable mis le feu au galion (ne serait-ce que pour occuper les gardes sur la plage).

Enfin de retour à Moisy-lès-Bains, ils allèrent se cacher chez la sorcière Tata Chenille à qui ils racontèrent toute l'histoire – en effet, se cacher dans la masure de Quentin Brochet était une très mauvaise idée si les pirates les cherchaient. Leur intention était, dès le lendemain matin, de révéler toute l'histoire au bourgmestre afin qu'il prévienne l'armée et fasse intervenir les autorités !
Mais au matin, ils réalisèrent que Moisy n'avait pas de bourgmestre, qu'il n'y avait aucune armée à prévenir, et que les autorités se ficheraient pas mal de ce qui se passait ici. Alors, de dépit, ils se rendirent à l'auberge de la Langouste pour raconter toute l'histoire, alors même que le nuage se dispersait lentement sur la mer.

La morosité ambiante fit place à la joie et la fête dans les ruelles de Moisy, et tandis que les trois compères envisageaient de repartir aussitôt vers Ankh-Morpork, le vieillard de l'auberge leur dévoila que le croquis lui faisait penser à une relique oubliée, la « tablette de Créosote » dont la réputation racontait qu'elle contenait le secret de la richesse...

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Chrysalid
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Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Chrysalid » dim. 30 déc. 2018 15:10

Elf (16/12/17 - 29/12/18)
Charlène, Viviane et Céline – Maîtrisé par Chrysalid

Plaines de Sto & Ankh-Morpork, spuin-sektobre 1966
Au cours d'une visite à sa fille Mamie Bavure, sorcière dans la province des Plaines de Sto, Pat' Meryngue eut le loisir de rencontrer le célèbre Bigby, un mage de l'ancienne génération dont on racontait qu'il possédait des connaissances encyclopédiques et que son pouvoir surpassait celui de n'importe quel autre mage du Disque. En outre, il avait écrit, dans ses jeunes années, un livre sobrement appelé 'Manuel des Monstres', que des éditions plus récentes avaient rebaptisé 'Bestiaire Monstrueux' – Pat' le savait, car elle l'avait déjà eu entre les mains. Hélas, à présent très âgé, le mage n'était plus qu'un vieillard sénile au petit bonnet rouge, et dont le corps gras était enchâssé dans un chariot de bois tiré par des bœufs.
Or, au soir du dimanche 15 spuin, Bigby raconta à ses deux nouvelles amies qu'il devait absolument se rendre à Ankh-Morpork pour faire un discours au Sénat de l'OMC (l'Ordre des Marchands et Charretiers) ; il avait des révélations à faire au sujet des forêts de Chênes d'Or, qui pourraient faire trembler tout le Disque sur ses bases !
Intriguées, Pat' Meryngue et Mamie Bavure acceptèrent de l'escorter durant ce voyage qui devrait s'avérer des plus intéressants. Hélas, trois fois hélas, Bigby et son chariot n'avançaient que très lentement...

Tandis que les jours passaient, au gré du rythme des bœufs du vieux mage, elles croisèrent d'autres voyageurs qui, dans l'ensemble, ne leur prêtèrent pas attention. Parfois, cependant, certaines personnes semblaient reconnaître le vieillard au point d'écarquiller les yeux en le croisant : peu à peu, au cours du trajet, le bruit commença à se répandre que Bigby, le célèbre mage, était sorti de sa retraite !

Au bout de deux semaines de route, arrivant en vue de la tour de l'Université de l'Invisible, le petit groupe fut stoppé par un contingent armé de Paladins, membres de l'OPEP (l'Ordre des Paladins Éclatants et Princiers). Ceux-ci exigèrent que Pat' Meryngue et Mamie Bavure leur remettent le vieux mage ; « Par la corne du xorn ! » s'exclama celui-ci. Elles tentèrent bien de discuter, mais avant que la moindre négociation ne fut possible, le sol se mit à trembler, et de hautes statues de métal émergèrent du sol derrière la mage et la sorcière, leur coupant toute retraite. Les paladins sortirent leurs épées et sommèrent les golems de décliner leur origine, en vain. Enfin, une horde d'hommes sauvages – des orques à première vue – surgit en beuglant au sommet d'une colline, et tous de réclamer Bigby ! Bien décidées à ne pas le laisser tomber, Pat' et Mamie échangèrent rapidement pour mettre au point un plan d'évasion. Enfin, et alors même que la tension montait entre les différents camps en présence, Mamie Bavure prononça une incantation et aussitôt, une brume grisâtre les enveloppa, tandis qu'un reflet d'eux-mêmes apparut à quelque distance d'eux pour détourner l'attention. Bien sûr, cela provoqua le début des hostilités. Les orques descendirent de la colline en hurlant, toutes lames dehors, alors que les paladins et les golems se jetaient eux-mêmes au combat. Au milieu de tout ceci, Bigby, Pat' Meryngue et Mamie Bavure traversèrent la brume illusoire pour s'échapper à travers les bois alentours.
Ils atteignirent une autre route un peu plus loin et arrivèrent enfin à Ankh-Morpork sans plus être inquiétés.

De fait, au soir du dimanche 31 spuin, Bigby put prononcer un discours devant une vaste assemblée de gens de diverses allégeances. Il y avait là des Paladins de l'OPEP, des membres de la Guilde des Maîtres de Forge, et de nombreux représentants de l'OMC. L'on y trouvait même quelques nains.
Et à leur grande surprise, Pat' et Mamie assistèrent au discours le plus inintéressant et le plus mièvre de leur vie : Bigby prônait la sauvegarde des Chênes d'Or pour assurer la survie des petits écureuils et des jolis campanules qui ornent les collines alentours. Ce texte creux et sans intérêt sembla par contre déchaîner les passions. Car tandis que le vieillard s'en retournait vers son chariot, les divers partis en présence se lancèrent dans de violents débats – certains vociféraient contre ce choix, d'autres au contraire le défendaient bec et ongles, tandis que d'autres encore semblaient tenter de percer le secret des paroles mystérieuses du mage, persuadés d'y trouver un sens caché.

Le lendemain, au matin de l'octedi 32 spuin, Bigby reçut une invitation émanant d'une quelconque duchesse pour une réception qui serait donnée le soir-même. Contre l'avis de Pat' et Mamie, il accepta de s'y rendre, joyeux comme un enfant. Las, si Pat' pouvait s'y rendre avec son costume de mage, Mamie devrait quant à elle se parer d'un de ces encombrants costumes de riches, se blanchir le visage et se couvrir d'une lourde coiffe, afin de pouvoir y accéder.
Au cours de ladite soirée, elles furent approchées par un membre de l'OMC qui leur raconta que Bigby savait où était caché le dernier gland de Chêne d'Or, unique moyen de faire pousser une nouvelle forêt – en effet, la chose était de notoriété publique car Mamie en avait déjà entendu parler. Or, si les paladins le cherchaient pour faire prospérer ces arbres sur le déclin – afin de les exploiter bien entendu – les sénateurs-marchands de l'OMC étaient un peu plus divisés sur la question. Certains pensaient que le gland devait rester où il était, car son apparition pourrait faire chuter les marchés, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur la valeur de la piastre.

L'affaire commença alors à tourner autour du gland de Bigby – un gland de Chêne d'Or, caché par des elfes quelques 1000 ans plus tôt, et dont il était, disait-on, le seul à connaître la localisation. Mais quiconque lui posait directement la question se heurtait à sa surdité profondément sélective.

Au soir du lendemain, le lundi 1er sektobre, ils furent tous invités chez les Nains de la Grande Forge pour une nouvelle réception donnée en l'honneur du vieux mage. Cette fois-ci, Pat' Meryngue laissa Mamie Bavure y aller seule avec Bigby ; elle en profiterait pour aller fouiller la chambre du vieillard à la recherche du gland. Hélas, elle ouvrit un coffret sans précaution et reçut une fléchette empoisonnée dans le ventre, qui la plongea dans un profond sommeil. Elle ne s'éveilla que le lendemain au matin, à côté du vieillard qui était rentré dans la nuit sans même remarquer sa présence.

Et comme de coutume, au déjeuner vint une nouvelle invitation pour une célébration qui aurait lieu l'après-midi même : cette fois-ci, le vieux mage était convié au mariage de Préciosa, fille du Maître de Forge, et de Lord Brian, Paladin de l'OPEP, une union qui faisait grincer quelques dents et briller quelques yeux... Pat' Meryngue se méfia, car elle détestait les mardi. Quelque part, elle était persuadée que les choses tourneraient mal.
Pour commencer, au cours de la réception qui suivit le mariage proprement dit, la mage et la sorcière furent à nouveau approchées par quelques personnes qui leur expliquèrent à quel point il était important de relancer – ou pas justement – le marché du bois des Chênes d'Or. Très vite, elles réalisèrent que ce soir, le gland de Bigby était dans toutes les bouches ! Mais tandis que l'une observait attentivement l'assemblée, l'autre surveillait le vieux mage. Hélas, cela ne permit aucunement d'empêcher ce qui devait arriver : une fléchette empoisonnée surgit du néant en un souffle et se planta dans la gorge épaisse du mage. Celui-ci poussa un râle étranglé sous les hurlements de son auditoire, avant de s'effondrer au sol en une masse informe. Pat' Meryngue ne parvint pas à trouver l'origine du tir, mais Mamie Bavure réussit à récolter les dernières paroles du mourant : « Non, non, inutile, c'est la fin, je le sens, je... maman... arrgh ! ». Et il tomba, mort.

Lorsqu'elle se releva, elle prit conscience que tout le monde la dévisageait à présent avec crainte et envie. Alors seulement elle réalisa que, dans l'esprit des gens, Bigby venait de lui délivrer son secret – tout le monde s'approcha d'elle, menaçant. Elle lança l'illusion d'une vaste brume grise dans la salle, ce qui leur permit à toutes les deux de quitter les lieux sans trop de difficultés.

Sans détour, elles retournèrent à l'auberge où elles fouillèrent, à deux cette fois, les bagages du mage défunt. Très vite, dans un double-fond du coffret piégé, elles repérèrent un double-fond, qui contenait une clé d'or, ornée de glands de chênes...

***



Mamie Bavure et Pat'Meryngue étudièrent la clé pendant un instant : une clé dorée ornée de nombreux glands de chênes et dont les décorations représentaient des tiges entrelacées dans différentes configurations, à coup sûr, un objet de prix. Hélas, la poussière soulevée par la fouille des affaires du vieillard monta au nez de Pat', qui éternua violemment, disparaissant dans un nuage de fumée ainsi que cela arrivait à chaque fois. Blasée de voir sa mère disparaître encore une fois, Mamie Bavure quitta la chambre de Bigby avec la clé et se mit à errer de nuit dans les rues du quartier de l'Université en rasant les murs – après tout, les membres des différentes guildes devaient être à sa recherche à présent... et soudain, c'est une femme échevelée au regard fou qui se jeta sur elle en murmurant une étrange litanie : « J'ai un message de l'au-delà, lui dit-elle, vous DEVEZ sauver les petits écureuils ! ». Intriguée par cette folle, Mamie Bavure lui demanda d'où elle tenait cela, et la nouvelle venue, qui se présenta sous le nom de Sissou Berlewen des Myriades, lui raconta qu'elle était medium, et que l'esprit d'un vieux mage ventripotent était venu lui donner ce message à lui transmettre. Bien que cette rencontre lui parut farfelue, Mamie Bavure dut avouer que l'histoire était tout à fait plausible. Mais dans ce cas, qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Cette histoire d'écureuils était-elle à prendre au premier degré ? Ou cela cachait-il quelque chose de plus nébuleux ?...

Les deux femmes se retrouvèrent au pub du Tambour Rafistolé, où Mamie Bavure commanda 3 pintes de bière naine (à 6 sous pièce) alors que Sissou se contenta d'une chope de bière morporkaise (à 3 sous). Elles discutèrent longuement au sujet de l'affaire, et Sissou se montra si intéressée qu'elle décida d'accompagner la sorcière dans son enquête – après tout, ses talents pour parler aux esprits pourraient lui être d'une grande utilité... Hélas, la bière aidant, la sorcière finit par s'endormir sur la table alors que la medium se plongea dans une longue conversation avec les esprits qui l'accompagnaient en permanence...

Elles se réveillèrent le lendemain matin, toujours au pub, sentant le fennec pas cuit et les cheveux en bataille. Mamie commanda aussitôt une nouvelle pinte, non, deux pour son petit déjeuner alors que Sissou se contenta d'un café. Elles décidèrent alors de se rendre à l'Université de l'Invisible, où certaines personnes avaient certainement entendu parler de Bigby...

Sitôt dit, sitôt fait. Dans le courant de la matinée, elles s'y rendirent et purent rencontrer divers étudiants qui ne savaient pas grand chose, puis un professeur qui les mena dans un office, mais-rendez-moi-mon-chapeau-s'il-vous plaît, où la plupart des grands mages étaient présents. Parmi eux, l'Archichancelier Biseauté qui accepta de répondre à leurs questions à-la-condition-qu'elles-quittent-les-lieux-tout-de-suite-après-parce-que-des-femmes-n'ont-rien-à-faire-là. De fait, elles purent apprendre que Biseauté avait effectivement connu Bigby dans ses jeunes années, mais qu'il était surtout connu pour avoir écrit un Manuel des Monstre (rebaptisé Bestiaire Monstrueux dans sa seconde édition). Hélas, il ne savait rien sur cette histoire de gland... Du coup, elles prirent congé et se rendirent à la bibliothèque, où le bibliothécaire anthropoïde (« Oook ») les aida à trouver les deux éditions du livre de Bigby. Mais à la lecture, elles ne trouvèrent rien de particulier qui puisse les aider. Par contre, elles profitèrent d'un moment où l’orang-outan s'était éloigné pour filer à l'anglaise avec les deux livres sous le bras.

Au soir du mercredi, elles se retrouvèrent au Tambour Rafistolé, où elles discutèrent encore longuement de l'affaire. Alors seulement, tandis que la clef de Bigby traînait nonchalamment sur la table, Mamie Bavure réalisa une forme familière : l'aspect général de la poignée correspondait parfaitement à une gravure du Bestiaire Monstrueux. Parfaitement même au point que, posée sur ladite gravure, la clef semblait avoir été calquée sur le dessin lui-même : il s'agissait du Xorn, un monstre élémentaire lié à la pierre dont il était précisé que le seul exemplaire rencontré se trouvait dans les Montagnes de Caraque – précisément là où se trouvait Pendegravier, le village de Mamie Bavure où le vieillard avait vécu ses dernières années. Aussitôt, le voyage fut décidé.

Il leur fallut une semaine pour rejoindre le village de Pendegravier, assises sur le chargement d'un marchand de pommes de terres en partance pour le royaume de Lancre. Avec un départ le jeudi 4 sektobre, elles arrivèrent dans la maison de Mamie Bavure le mercredi 11 dans la journée. C'était une chaumière typique, avec des senteurs étranges qui flottaient dans l'air, une tripotée de bestioles désêchées et de plantes qui pendaient au plafond, et des bougies, plein de bougies. En ce jour, elles prirent surtout un long repos.

Le lendemain, elles firent surtout du porte-à-porte pour interroger les gens sur la présence d'un Xorn. Pendegravier était un petit village d'une quarantaine d'habitants à peine, alors l'affaire fut vite réglée. Mais nul n'avait jamais entendu parler d'une telle chose. Alors Mamie Bavure et Sissou se rendirent dans les carrières qui environnaient le village, où enfin elles purent apprendre quelque chose d'intéressant : en effet, l'un des carriers savait que Bigby allait souvent se promener dans la forêt d'Aniflatot, située dans les montagnes sens rétrograde de Pendegravier. Enfin, elles allèrent fouiller la maison de feu Bigby, où elles découvrirent qu'il travaillait sur un nouveau livre – à peine ébauché hélas. En outre, son propre exemplaire du Bestiaire Monstrueux comportait des notes au crayon dans la marge, comme s'il avait continué d'observer le Xorn pendant quelques temps...

Vendredi au matin, elles se rendirent alors dans la forêt d'Aniflatot où un troll qui avait bien connu Bigby autrefois les mena à une petite clairière où il avait l'habitude d'y passer du temps. Enfin, elles découvrirent l'entrée d'une caverne, dont elles entreprirent bravement l'exploration. Pour commencer, elles rencontrèrent une grande salle habitée par une communauté de gnomes qui leur firent payer le passage (contre quelques rations de nourriture, soi dit en passant). Ignorant quelques portes latérales, elles passèrent en catimini auprès d'une famille d'orques, et arrivèrent en vue de deux portes de pierre lourdement enchâssées dans d'épais chambranles fissurés. C'est là que la clé de Bigby servit enfin, déverrouillant une serrure de métal rouillé. Mais la porte restait dure à ouvrir. Sissou usa alors de son don pour appeler un esprit, et une forme vaporeuse très polie apparut devant elle. Le fantôme le prévint que son corps se trouvait derrière ladite porte, mais qu'il les combattrait plutôt que de les laisser emporter son trésor. Un coup d'épaule plus tard, ils virent en effet un cadavre avec un boîtier autour du cou. Mais plutôt que d'éveiller le mort-vivant, la sorcière fit léviter le boîtier vers elle... ce qui réveilla le cadavre ! Alors elles attrapèrent le trésor un geste bref avant de s'enfuir à toutes jambes. Et tandis que le zombie s'avançait vers elles lentement d'une démarche saccadée, le fantôme leur faisait gentiment coucou de la main.

Enfin de retour à la chaumière de la sorcière, les deux femmes ouvrirent le petit coffret, qui contenait bien un gland doré.

Restait maintenant la question de savoir ce qu'elles allaient en faire...

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Eldar
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Localisation : je suis perdu, au secours !

Re: [Le JdR du Disque-Monde] Chroniques d'un petit groupe

Messagepar Eldar » ven. 4 janv. 2019 22:08

Merci pour le compte-rendu ! Sacré morceau ; ça équivaut à combien de séances de jeu environ ?
NON BRISERE CAPITEM


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