Seigneur Havelock Vétérini

" Un tyran qui réfléchissait, semblait-il à Vétérini, avait un boulot autrement plus difficile que les dirigeants portés au pouvoir par un système débile du type votez-pour-vos-intérêts comme la démocratie. Eux, au moins, pouvaient dire au peuple que c'était sa faute s'il les avait élus. "

Le Patricien actuel d' Ankh-Morpork, et techniquement le tyran de la ville. Mais il serait malavisé de classer trop vite comme personnage sournois et machiavélique. Le Seigneur Vétérini présente une vision de la moralité beaucoup plus complexe que l'on ne pourrait le croire. Il apparaît très vite au fil des tomes que l'immense capharnaüm administratif de la ville ne fonctionne que grâce à son exceptionnel esprit sagace. Ce n'est pourtant pas cet état de fait qui en fait un personnage très apprécié de la population, surtout des gros bonnets. Mais Vétérini s'y entend à merveille pour monter la plupart de ses potentiels assassins les uns contre les autres. On pourrait penser que la ville est pour lui une sorte d'immense jeu d'échec ( il excelle aux jeux de réflexion ).

Havelock Vétérini a fait ses études à l' Ecole des Assassins, indice qui pourrait expliquer sa capacité à éviter une destitution prématurée.

Vétérini est un homme digne, implacable, tout de noir vêtu. Il dégage une certaine classe, tout en gardant une austérité qui constraste avec le faste des anciens patriciens. Il ne siège que dans un modeste fauteuil en bois à côté du trône en or massif de l'ancien roi, et ne se nourrit que de pain et d'eau. On ne lui connait à ce jour que deux péchés mignons : son petit terrier Karlou, et son aversion pour les mimes, qu'il pend par les pieds dans une fosse à scorpions où ils peuvent lire l'inscription à l'envers " APPRENDS TON TEXTE ". Cette persécution inattendue n'a trouvé que très peu de protestations, et est même considéré par la population comme une lubie pitorresque de la part de son dirigeant.

Il s'agit, pour beaucoup de lecteurs, d'un des personnages les plus complexes et les plus aboutis sortis de la plume Pratchettienne.

par Théophile Peuplier