Terry Pratchett

Interview de Terry Pratchett par Emily S. Whitten

Terry, porte-parole des malades d'Alzheimer

Emily : Quand est-ce qu'il sort ?

Terry : Octobre [2008]. J'ai écrit des petits bouts supplémentaires, et des sortes de... bonus.
Mais on peut dire, je pense, qu'il n'y a vraiment aucun moyen de gérer toute cette histoire avec Alzheimer. Je ne pouvais pas ne pas dire que je l'avais. Parce que tout l'intérêt de le dire... En fait, vous pouvez presque m'entendre dire, sur un ton pompeux, « Mon œuvre ici est achevée ! » C'est presque l'impression que j'ai. Ce n'est pas moi qui ai créé cette vague de, disons, prise de conscience au Royaume-Uni, mais j'ai été le gars avec la planche de surf, ça oui ! Et c'est vrai qu'on en parle beaucoup aux infos, plus qu'avant ; on dirait vraiment que les gens en parlent. Il y a des gens qui viennent me voir et me parlent de leur grand-mère, ou de leur mère, ou qui me disent combien ils sont inquiets parce que leur père l'a et qu'ils pensent que ça pourrait... j'en vois plein comme ça. On envoie une réponse standard, vous savez, « Écoutez, je transmets à l'Alzheimer's Society », parce que ça les inquiète énormément. Parfois, c'est trop pour moi.

Emily : Eh bien, vous êtes tout seul !

Terry : Eh bien, il y a Rob, mais même. Et je ne peux pas faire grand-chose d'autre. C'est pourquoi je veux vraiment me concentrer sur l'écriture. Même si ce serait tentant de consacrer toute mon énergie à la mobilisation sur Alzheimer, mon cas n'a été aux infos que parce que je suis Terry Pratchett, l'écrivain, et il y a quelque chose de poignant dans l'idée de « l'écrivain », pour ainsi dire, progressivement dépouillé. Mais je veux continuer à être l'écrivain, sinon, à quoi bon ? Il faut continuer d'agiter le drapeau. On a eu des gens qui m'ont contacté pour me demander de coopérer à leur analyse du déclin de mon usage du langage au fur et à mesure de l'avance de la maladie... Vous savez ce que j'aime avec les vautours ? Eux, au moins, ils attendent que l'âne soit mort. Donc, généralement, on leur a répondu « non », clair et net.

Emily : Ils voulaient que vous les aidiez à étudier le déclin de votre usage...

Terry : Vous voyez bien, Iris Murdoch avait Alzheimer, et certains ont cru que cela se voyait dans sa façon d'écrire sur la fin.

Emily : Oh, je vois ce que vous voulez dire.

Terry : Mais carrément demander au sujet de vous aider dans ces recherches...

Emily : Oui.

Terry : Mais je pense que « au moins les vautours ont la dignité d'attendre que l'âne soit mort », c'est une bonne phrase. Ça les énerve.

par Terry Pratchett et Emily S. Whitten