Terry Pratchett

Cinq minutes avec Terry Pratchett (Vidéo)

Terry Pratchett a été interviewé par Matthew Stadlen pour son émission en ligne sur le site de la BBC, Five Minute Interviews (exactement ce que le titre laisse entendre).
La vidéo est ICI, et en voici une traduction ci-après :

2009-02-07-fiveminutes


Cinq minutes avec... Sir Terry Pratchett


Matthew Stadlen – Allons nous asseoir, OK ? Grand canapé vert, assez fantastique...

Terry Pratchett – Magnifique ! Il faudra que je...

MS – Eh bien, Terry, où est le chapeau ?

TP – Je ne voudrais pas que les gens croient que je suis un obsédé de chapeaux, qui doit avoir son chapeau à portée de main à tout moment. Il est là-bas, en train de se faire interviewer de son côté.

MS – Donc, Terry Pratchett, c'est une joie et un honneur de vous rencontrer. Il va falloir faire rentrer énormément de choses dans ces cinq minutes, mais je vais démarrer le chronomètre maintenant. Commençons par parler un petit peu de science ; c'est pour vous une passion, et vous faites partie d'une vaste campagne soutenue par le gouvernement ; dites-moi comment elle s'appelle et pourquoi vous en faites partie.

TP – C'est la campagne « Science, so what ? », et j'en fais partie parce que je pense que nous sommes des créatures de la science, et que nous l'avons toujours été, depuis qu'un homme de Néandertal est sorti de sa caverne, a regardé un bout de silex et s'est dit « je peux faire mieux que ça ! ». Et la science nous fait vivre maintenant, elle est dans tout ce que nous faisons, elle nous contrôle autant que nous la contrôlons, alors autant faire en sorte d'y être bons.

MS – Croyez-vous à une quelconque forme de présence divine ? Vous vous êtes décrit comme « athée », mais vous avez aussi suggéré qu'il pourrait y avoir quelque chose d'autre dans l'univers...

TP – Ce qui est sûr, c'est que je suis un humaniste, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un athée. Je crois que l'univers est tellement grand et tellement complexe que ce que nous en savons maintenant est aussi éloigné de la vérité que l'étaient les croyances, comme j'ai dit, de l'homme de Néandertal. Je ne veux écarter aucune possibilité. Je ne crois pas à un Dieu personnifié, mais je ne sais pas, pour ce que j'en sais, nous pourrions être une expérience faite par quelqu'un quelque part... Qui sait ?

MS – Est-il vrai que vous avez un observatoire dans votre jardin, et que quand vous étiez petit, vous vouliez être astronome ?

TP – J'ai un observatoire, il est très joli ; c'est vrai que je voulais être astronome, mais j'ai découvert qu'il fallait être bon en maths, et les maths et moi on ne s'est jamais très bien entendus.

MS – Parlons de l'écriture. Vous écrivez encore, bien sûr ; vous avez vendu, je crois, 65 millions de livres dans le monde ; vous êtes prolifique et immensément populaire ; duquel de vos livres êtes-vous le plus fier ?

TP – Surtout des livres pour enfants, je pense, et tout particulièrement Nation, qui est le dernier que j'aie écrit. J'ai une ACP, et je l'ai écrit en ayant une ACP, et dans des conditions sans doute assez déplaisantes ; et c'est un bon livre. Et je ne pense pas avoir beaucoup changé depuis.

MS – Vous écrivez toujours, bien que vous souffriez de la maladie d'Alzheimer ; et beaucoup de nos spectateurs, non, tous nos spectateurs voudraient savoir comment vous allez, si vous me permettez de vous le demander, et comment c'est de vivre avec la maladie.

TP – Hmm... On fait aller. Ça ne change pas très vite. On apprend des raccourcis, des trucs. Je me sens bien. Et vous ?

MS – Très bien, surtout du fait de vous avoir rencontré. Vous avez fait beaucoup pour promouvoir la cause des malades d'Alzheimer, et ce que vous dites suggère que vous pensez qu'on pourrait en faire plus. Vous avez vu le premier ministre à ce propos.

TP – On pourrait toujours en faire plus ; mais il va y avoir un tsunami de malades d'Alzheimer dans les vingt prochaines années, à peu près, si nous n'agissons pas très, très vite, si nous ne trouvons pas une sorte de remède. Je ne pense pas vraiment à un médicament qui guérisse la maladie, mais à une sorte de traitement, comme il en existe maintenant pour le VIH, pour permettre aux gens de vivre avec Alzheimer. J'ai bon espoir que quelque chose de ce genre arrive.

MS – Parlons de vos passions ; parce qu'il n'y a pas que la science, bien sûr. J'ai entendu dire, et je pense que c'est vrai, que vous avez une passion pour les orang-outans. Avez-vous déjà donné une accolade à un orang-outan ? Parce que c'est la grande ambition d'un de mes meilleurs amis...

TP – Hmm... Oui, j'ai donné une accolade à un orang-outan, et ensuite j'ai eu un mal de chien à récupérer mon chapeau dans l'arbre.

MS – Parlez-moi des autres choses que vous faites dans votre temps libre.

TP – Je joue à des jeux vidéos, je jardine, je fais de longues promenades... mais quand vous êtes écrivain, vous passez tout votre temps à être écrivain, quoi que vous pensiez être en train de faire.

MS – Vous aimez beaucoup les ordinateurs. Est-ce que vous savez, que vous comprenez comment ils fonctionnent, est-ce que cela fait partie de vos centres d'intérêt ? Ou bien est-ce qu'ils sont juste pratiques pour travailler ?

TP – Avant, je savais exactement comment ils fonctionnaient. Maintenant, je sais où est le bouton on/off.

MS – Parlez-moi de votre titre de chevalier ; je sais que c'est une source d'immense fierté pour vous. Est-ce que vous vous y êtes habitué, au cours des derniers mois ?

TP – Non.

MS – Et vous vivez donc avec une Lady, bien sûr...

TP – Oui, mais ce n'est pas nouveau.

MS – Il faut que je vous demande si vous avez déjà trouvé une épée et un bouclier.

TP – J'ai l'intention de fabriquer ma propre épée. Je dois voir un monsieur qui pourra m'aider à le faire. Très romanesque, hein ?

MS – Quelles sont les grandes ambitions qui vous restent ? Parce que vous avez écrit... est-ce que vous savez seulement combien de livres vous avez écrit ?

TP – Une cinquantaine... Eh bien, rester en vie, et au travail, aussi longtemps que possible. Ce sera toujours « rester en vie jusqu'à ce que je finisse le prochain livre ».

MS – Vos livres ont été adaptées en séries télé, en téléfilms, et à la scène. Il n'y a pas encore eu de grande adaptation cinématographique. Pensez-vous que cela puisse arriver ?

TP – Euh... c'est possible. Peut-être que Dieu existe !

MS – Mais s'il devait y avoir une grande adaptation cinéma, lequel, à votre avis, s'y prêterait ?

TP – Hmm, il y en a un certain nombre qui s'y prêtent. Au Guet !, qui est de la série du Guet – ça marcherait très bien.

MS – Terry Pratchett, ç'a été très agréable de vous rencontrer. Le temps est écoulé.

TP – Merci !

par Matthew Stadlen