Terry Pratchett

Terry parle de Unseen Academicals (Vidéo)

Je crois qu'Unseen Academicals sera mon trente-septième roman du Disque-Monde. En fait, je ne sais pas trop, parce qu'il y a controverse, au Royaume-Uni en tout cas, sur ce qui constitue un roman et ce qui constitue un Disque-Monde. On s'est aperçu récemment que trois des romans du Disque étaient dans la liste Bookscan [NDT : en fait il dit Book Track, mais il doit se tromper] depuis le début : Mortimer, La Huitième Couleur et Le Huitième Sortilège ont été réimprimés et vendus sans cesse tout ce temps, et continuent de l'être. Et je suis le seul auteur à avoir trois livres dans cette liste. Le Disque-Monde a tendance à s'accrocher.

C'est vrai que 2008 est le vingt-cinquième anniversaire du Disque-Monde. Franchement... je m'en fiche un peu. Vingt-cinq est un nombre qui vient après vingt-quatre ; et depuis tout le temps que je fais cette série ? on se dit « mince, comme le temps passe »... Est-ce que je fais ma petite célébration ? Pas vraiment. C'est là ; c'est une date. L'important, c'est le prochain livre.

Je n'arrêtais pas de penser qu'il était temps que le phénomène du foot ? le football européen essentiellement, mais peut-être aussi le football en général ? soit traité sur le Disque. Et puis j'ai réalisé que je ne pouvais pas faire ça comme ça. C'est comme de dire « je vais écrire un roman sur les pirates ». Ça n'a pas vraiment de sens. Il faut trouver quelque chose à écrire sur les pirates, quelque chose qui ne soit pas un mélange de toutes les autres histoires de pirates qui ont été faites à la télé et au cinéma, mais qui dise quelque chose de nouveau sur les pirates ? si c'est possible à ce point. Et puis je me suis rendu compte qu'il y avait un très bon moyen de faire, si on veut, un roman sur le foot. Vous savez, les supporters, partout, dans tous les sports, ont tendance à s'emporter ; si une famille d'un côté est pour une équipe et que la famille de l'autre côté est pour l'autre équipe qui est pour ainsi dire son ennemie héréditaire, on a nettement quelque chose qui ressemble à Roméo et Juliette. C'est une excellente idée, vous savez ? deux tribus, non, deux clubs de supporters aussi ignobles l'un que l'autre, parce que les fans de foot anglais ont traditionnellement la réputation d'avoir des bagarres plus intéressantes au-dehors que sur le terrain. Mais ça, c'est trop simple, c'est enfoncer des portes ouvertes ; c'est du copier-coller d'idées intelligent. On ajoute discrètement un peu de réalisme, parce que, avouez, Roméo et Juliette... bizarre, quand même. Bon, d'accord, le chagrin est une chose terrible, mais est-ce que les gens n'ont pas pensé à, je ne sais pas, prendre le pouls, amener un petit miroir de poche, ce genre de choses ? Roméo et Juliette, ç'aurait pu être une comédie ? si seulement quelqu'un avait prodigué les premiers secours de base, parce que je veux dire, qu'est-ce que c'est que ça ? « On dirait qu'elle est morte ! argh ! Bon, je me tue. » Je veux dire, franchement... Comme ça, ça a toujours l'air complètement idiot. Mais ça signifie que je peux écrire un roman suffisamment complexe, avec suffisamment de développement des personnages, que ce ne soit pas juste « hé, je délire un bon coup sur les clichés du foot ! ».

par inconnu