Vade-Mecum - Articles sur Paul Kidby

2015 - L’année de La Couronne du Berger

Cette année fut un mélange de tristesse, de sourires et de créativité.

 

Le décès de Terry en mars, bien que n’étant pas inattendu, fut une grande perte, non  seulement pour sa famille et ses plus proches amis, mais aussi pour nous tous qui avons bénéficié toutes ces années de ses créations et de ses observations perspicaces. Je suis fier de l’avoir connu, et d’avoir pu collaborer avec lui. Je lui serai toujours reconnaissant d’avoir aimé mon travail et de m’avoir permis de me promener dans le Disque Monde, carnet à croquis en main.

 

Quand l’appel est arrivé au matin du 12 mars pour m’annoncer sa mort, je travaillais sur la première esquisse de couverture pour La Couronne du Berger. Sans aucun doute, mes sentiments ont coulé le long de mon crayon jusque dans le dessin, et Tiphaine a pris un regard triste.

 

Quand j’ai modifié la couverture dans une seconde version, j’avais un peu commencé à accepter les choses, et je pense que l’on retrouve à nouveau cela sur le visage de Tiphaine. Cette fois, elle semble peut-être un peu triste, mais j’aime à penser que sa connaissance de la vie et de l’ordre naturel des choses transparait, avec un brin de défi, mâtiné de paix intérieure et de bonheur. J’ai choisi de célébrer la vie de Terry et toute la joie qu’il a pu apporter à bien des gens ; j’espère que ma dernière couverture pour un roman du Disque Monde lui rend hommage et qu’elle est une marque appropriée de mon immense respect pour lui.

 

La série de Tiphaine Patraque est spéciale pour moi, dans la mesure où Terry et moi partageons le même amour du paysage de craie où il a vécu, de même que moi à un certain moment. Saisir les aspects de ce lieu si particulier est toujours un régal pour moi, et travailler sur La Couronne du Berger fut une expérience émouvante : au fur et à mesure que je dessinais, je me souvenais des conversations que j’avais avec Terry sur le jardinage, le folklore, la recette de la soupe aux orties (bon carburant pour les artistes affamés !). Le paysage de craie, avec ses anciens canaux d’irrigation et ses cieux largement ouverts, semblait nous donner à tous deux une énergie créatrice. Cela me réconforte de savoir que ce paysage perdurera : les étoiles continueront à tourner au-dessus de ces terres ; les anciens tumulus et les secrets enfouis dans la tourbe témoignent en silence de la brièveté de toute vie humaine. Le temps qui nous est imparti est court, nous devons nous efforcer d’en tirer le meilleur et de prendre soin de la nature qui nous entoure, elle qui est source de tant d’inspiration. L’écriture de Terry nous aide à nous en souvenir ; c’est une des raisons pour lesquelles je lui serai toujours reconnaissant.

 

Là-dessus, je vous souhaite un Noël paisible, auprès de ceux qui vous sont chers, qu’ils soient avec vous en personne ou en esprit.

 

Paul.

par Mirliton