Vade-Mecum - Articles divers

Commentaires croisés de l'équipe de Going Postal

  • Richard Coyle (Moite von Lipwig)
  • 2010-05-20-gp-moite


    Cela faisait quelques semaines que j'étais aux États-Unis, et que je ne lisais que des scénarios de cinéma et de télé américains, quand on m'a envoyé ce scénario-là de chez nous. Je l'ai lu ; c'était plein de chaos, de magie, d'imagination... Je me suis dit, pas moyen, j'adorerais jouer là-dedans, c'est la folie totale. Une chance de faire le clown, de délirer un bon coup. Je suis tout simplement tombé amoureux de cette histoire, elle est pleine de charme, mignonne...

    [Moite von Lipwig], c'est un nom génial ! J'adore ce nom, parce qu'il est bizarre, il sort de l'ordinaire, et il me parle... sans doute que, si j'étais né dans ce monde, je me serais appelé quelque chose comme Moite von Lipwig. Sans doute.
    Il y avait plein de pratchettiens sur le tournage, comme figurants, les derniers jours, et ils étaient géniaux, parce qu'ils étaient vraiment dedans. Vu qu'ils connaissent toutes les situations et tous les détails, ils étaient à fond... vous savez, on arrive avec la charrette et ils hurlent, ils applaudissent, ils réagissent exactement il le faut. Les fans de Terry Pratchett parlent vraiment de ses personnages comme s'ils étaient réels, comme s'ils les avaient vus pas plus tard que la semaine dernière. Et, vous savez... un des fans est allé voir Charlie Dance hier et... il y a eu quelques haussements de sourcils quand il a eu le rôle du seigneur Vétérini, étant donné qu'il est censé être brun – qu'il est brun. Charlie faisait « ah bon, d'accord »... « Mais dès que vous êtes sorti du carrosse, on a su que tout irait bien ! »

    Il y a une phrase dans le livre qui dit... « il avait rencontré d'autres femmes auparavant, mais c'étaient des monticules comparées aux hauteurs glaciales de Mlle Chercoeur ». C'est exactement ça, et c'est comme ça que ça s'est passé. C'est ce qui rend le rôle encore plus intéressant à jouer, parce que je dois sans arrêt essayer des angles d'attaques différents pour arriver quelque part ; c'est super.

    Ce qui ajoute encore de l'intérêt à la chose, je pense, c'est que c'est très difficile pour Moite, mais je [NDT : dans le rôle de Moite] sais qu'elle ressent quelque chose pour moi, et c'est ce qui me fait avancer.
    Le casting est fantastique, je dois le dire, ç'a été un véritable honneur de travailler avec tous ces acteurs formidables... Étre avec des gens comme Charlie Dance, David Suchet (Sylvère/Gilt, ndt), Timothy West (Ridculle), Andrew Sachs (Liard/Groat), c'est comme... ce sont des légendes pour moi. Et ils sont là, ils vous encouragent à fond, ils me soutiennent, ils font « continue, tu t'en sors bien ! ». Et moi : « oh, arrêtez... » Non, vraiment, ç'a été un privilège de travailler avec eux. Ils sont géniaux.

    La relation entre Moite et M. Lapompe est très importante. Il y a un aspect vraiment tragique chez ce personnage, que je n'avais pas vu à la lecture ; il y a une tristesse, et ç'a été intéressant de prendre aussi ça en compte.
    En fait, j'aimerais que ce film soit vraiment comme... un grand paquet de joie, il faut que ce soit magique, que ça fasse du bien. En fin de compte, c'est une histoire très positive, et il faut qu'on en ressorte tout heureux après l'avoir regardée.

  • Claire Foy (Adora Belle Chercoeur)
  • 2010-05-20-gp-adora


    Adora ne supporte pas la faiblesse, chez personne. Je pense qu'elle est sans doute trop exigeante avec elle-même, et c'est sans doute pour ça qu'elle s'est retrouvée là où elle est. Elle est très, très dure à l'extérieur, mais très vulnérable à l'intérieur, ce qui est formidable à jouer. Je pense que c'est une grande aventure pour elle, et, quand on la voit par les yeux de Moite von Lipwig, on voit la raison pour laquelle elle est devenue comme ça. Je trouve vraiment bien que le film mette en avant l'intrigue amoureuse ; parce que Moite, évidemment, a eu une vie bien remplie, il a été un peu partout avec son métier d'escroc. Il y a beaucoup d'information sur lui à faire passer, et c'est une bonne idée d'en faire passer la plus grande partie lors des scènes où ils sont ensemble. La plupart de mes scènes... toutes, en fait... avec Richard [Coyle, alias Moite] et... enfin, Adora et Moite ont vraiment une relation géniale, marrante, classique, et tellement drôle. Richard est irrésistible, c'est quelqu'un d'adorable ; j'ai passé des moments formidables avec lui. On s'est même sans doute un peu trop amusés, j'avais du mal à garder mon sérieux, ce qui est terrible, parce que mon personnage est censé être très sévère...

    Avant que je ne lise ce livre, je m'imaginais que Terry Pratchett, c'était... sans doute des gobelins, des types en chapeaux pointus, tout ça. Mais en réalité, ses livres sont fantastiques ! et le scénario est fantastique, l'intrigue est vraiment moderne, elle traite de plein de sujets modernes, c'est extrêmement drôle, plein d'esprit, intelligent, et vraiment, vraiment hors du commun. J'espère seulement que cela plaira aux gens !

  • Charles Dance (Le Seigneur Veterini)
  • 2010-05-20-gpveterini

    Ce n'est pas un méchant archétypique. Il se contente de gérer calmement et tranquillement les affaires de la cité de la manière dont il veut qu'elles soient gérées. Il fait avancer les choses. Choisir Lipwig, c'est choisir quelqu'un qu'il peut utiliser, manipuler. Si Lipwig ne respecte pas les règles du jeu, s'il ne fait pas ce que je veux qu'il fasse... couic !
    Il y a quelque chose dans l'univers de Terry Pratchett qui me rappelle Dickens. Il a créé des personnages pleins de vie ; il a une imagination absolument extraordinaire, et mon Dieu, il est prolifique ! Et j'adore cet univers qu'il a créé. Je me suis donc dit : oh oui, j'aimerais bien faire partie de ça...
    Il y a des échos du monde moderne dans les livres de Terry, particulièrement celui-ci ; il a quelques cibles auxquelles il aime à s'attaquer, et il a bien raison !
    Le casting est excellent d'un bout à l'autre. Vraiment, vraiment, vraiment bon. Que de talent ! Richard Coyle, je n'avais encore jamais travaillé avec lui ; il a été génial. C'est un type formidable ! Et Steve Pemberton, et Tamsin Greig, un monstre d'intelligence... J'avais travaillé avec David Suchet deux ou trois fois. Timothy West... un très, très bon casting. Excellent.

  • Steve Pemberton (Tambourinoeud)

  • Le personnage que je joue est le fidèle seviteur du seigneur Vétérini. Il est très méticuleux et aime à être parfaitement préparé pour pouvoir servir son maître dans tous les domaines.
    Quand j'ai lu le scénario, j'ai vu que c'était beaucoup de choses à la fois : une comédie, une histoire d'amour, une grande aventure... le tout sorti d'une seule imagination, donc un univers pleinement réalisé, avec tous ces différents éléments. J'ai remarqué que Tambourinoeud avait beaucoup de potentiel pour rendre ces scènes amusantes.
    J'ai eu la chance de rencontrer Sir Terry quand il est venu filmer sa scène ; il a une petite apparition à la fin. Il m'a donné des tuyaux sur mon personnage, et il m'a dit une phrase qui est dans un des livres : si Tambourinoeud se mariait, il faudrait que ce soit à une femme en tous points identique à une enveloppe en papier kraft.
    Budapest est un endroit formidable pour travailler. Je n'y avais encore jamais été ; c'est une ville vraiment magnifique, mais il y a aussi toute cette histoire, cette architecture... ils s'en sont beaucoup servis dans le film. On est allés dans des endroits comme le château fort, où on a filmé les scènes de prison... des réalisations architecturales vraiment impressionnantes. Tout ça va être à l'écran, les gens vont penser « ils ont dû dépenser une fortune avec ces décors ! »
    Ce serait génial que ce film ramène de nouveaux fans au Disque-Monde. Je vais sans aucun doute acheter le suivant dans cette série [NdT : Monnayé], qui parle du monde de la banque, j'ai bien l'intention de le lire... Je crois que ce sera aussi un excellent divertissement pour toute la famille. Mes enfants vont adorer : les vampires, les loups-garous, des images vraiment frappantes... et une très bonne histoire.

  • David Suchet (Jeanlon Sylvère)
  • 2010-05-29-gilt

    Ce qui m'a attiré dans le personnage de Jeanlon Sylvère, c'est qu'il est très différent. Il n'a aucun scrupule, et comme son nom [NdT : Reacher Gilt, en VO] l'indique, il saisit [reaches] tout ce qui brille [gilt= doré]. C'est Reacher Gilt ! Il est capable de tout, y compris de tuer, pour avoir ce qu'il veut. Mais il y a aussi un aspect satirique, et, aussi horrible qu'il soit, j'espère qu'on pourra rire avec lui, et de lui.
    Le costume est tout droit sorti des illustrations ; je voulais leur être aussi fidèle que possible, pour les millions de fans du Disque dans le monde, pour qu'ils voient Jeanlon Sylvère comme ils se l'imaginent. J'ai cette magnifique perruque de longs cheveux noirs... je sais, ça demande un effort d'imagination quand vous me regardez (il pointe du doigt son crâne chauve)... mais c'est une perruque phénoménale ! Et j'ai aussi une sorte de petit bouc, et un grand bandeau sur l'œil, parce que dans le livre, je suis un pirate. Il y avait des fans qui avaient fait tout le trajet depuis l'Angleterre pour se faire costumer et être sur le tournage, et ils étaient ravis de voir leur Jeanlon Sylvère, incarné en personne devant eux. Quand j'ai fait mon entrée sur le plateau, on pouvait les entendre faire « ouaiiiis ! » (rires) C'était génial !
    J'espère que les gens aimeront Jeanlon Sylvère, autant qu'ils aimeront le détester. Je suis sûr que ce sera le cas ! Sinon, je serai très déçu.

  • Andrew Sachs (Liard)
  • 2010-05-29-groat

    Liard est... je dirais qu'il est obsédé par les règles et les règlements. C'est ce qui régit son existence. Il ne peut pas continuer à travailler, parce qu'il n'y a rien à faire, la Poste est défunte. Et... je ne sais pas ce que mon personnage, Liard, est vraiment censé faire. Il... il ne se lave pas, il a un problème avec l'hygiène, il est soupe au lait – très soupe au lait. Et quand la Poste montre des signes de résurrection, de retour en force... il peut être très loyal, mais il insiste sur de vieux règlements qui n'ont plus aucun sens.
    Son équipe consiste en un seul sous-fifre, un employé, qui est un peu... simplet. Il collectionne les épingles ! Il est né dans le bureau du tri, ce sous-fifre, il a appris à lire sur des enveloppes qui n'avaient jamais été distribuées.
    Ici, en Hongrie, pendant le tournage, j'ai envoyé des cartes postales à des amis... je me disais « oh, ma femme aura celle-là, un petit bonjour, elle sera à la maison mercredi, d'ici deux-trois jours... » Elle a mis dix-huit jours à arriver ! Et ça n'a pas été la seule... Il y en a qui n'ont toujours pas été reçues ! C'est la vraie vie, ce qui se passe dans notre film...
    Je n'avais encore jamais rien lu de Terry Pratchett. J'ai eu l'honneur de le rencontrer à une remise de prix, il y a quelques mois. Je suis devenu plus ou moins fan maintenant. Je suis en train de relire le livre, Timbré, pour la troisième fois... j'arrive à la fin, là, et il se peut que je le lise une quatrième fois.
    Le livre est écrit avec beaucoup de soin. Le scénario est fantastique. Et les acteurs sont formidables, bien sûr.

  • Ian Bonar (Yves)
  • 2010-05-29-stanley

    C'est quelqu'un de très intéressant. C'est... c'est une vraie joie de jouer un personnage qui est tellement passionné, tellement intense... tout est extrême pour lui. Il aime que tout soit propre, simple... il a ses épingles, il peut regarder ses épingles et tout va bien. Il vit dans un monde plutôt dingue, et je crois que c'est un peu trop pour lui ; c'est sa façon de faire face : (geste de concentration) « mes épingles, j'ai mes épingles, ça va ».
    Ca pourrait être n'importe quoi, c'est simplement une passion... Bien sûr, ensuite il trouve autre chose... les timbres ! et il laisse les épingles derrière lui... ce qui ne plaît pas beaucoup à la communauté des épingles, je pense. C'est un traître !
    Il a une chouette évolution ; il devient plus adulte. Au début, c'est les épingles, c'est tout. Mais Moite arrive, la Poste rouvre, et il devient vraiment très enthousiaste, très fier de la Poste, de son travail... c'est beau à voir, cette façon de sortir dans le monde, en quelque sorte.
    Liard lui sert de père, en fait... c'est un enfant de la Poste. Dans le livre, il est dit qu'il a perdu ses parents, et il a passé toute sa vie là-bas... et oui, Liard est très protecteur avec lui.
    Je trouve que c'est vraiment une excellente, excellente histoire. Ça se passe dans un univers imaginaire, mais il y a des choses dans lesquelles tout le monde peut se reconnaître, c'est ancré dans la réalité, dans des choses où les gens peuvent vraiment puiser... c'est une histoire d'amour, une aventure, le bien contre le mal, c'est...bien ! Vraiment bien. Il faut le regarder !

  • Timothy West (Ridculle)
  • 2010-05-29-ridcully

    C'est l'Archichancelier, ce que nous appellerions un vice-chancelier, je suppose. Mais il n'a rien à voir avec les vice-chanceliers des universités britanniques que je connais ! Il garde sa magie à distance, en fait.
    Un omniscope, c'est un objet avec lequel on peut « télégraphiquement » voir des choses qui sont vraiment très loin. On a demandé au professeur Ridculle de le mettre en place, pour pouvoir observer les résultats de la course qui a été organisée pour tester les capacités respectives de la Poste et des clic-clac.
    Ç'a été une joie de rencontrer Terry Pratchett, le premier jour ; il considère tous ses personnages comme une sorte de famille, vraiment, et il m'a tout dit sur Ridculle comme s'il venait de dîner avec lui. Ça m'a beaucoup aidé, c'était fantastique.
    J'avais déjà tourné avec Charles Dance, bien sûr, et avec David Suchet ; je connais Andy Sachs depuis très longtemps. J'ai tourné avec Madhav [Sharma, qui joue Hippobisque] et j'ai joué dans une pièce ou deux avec Richard il y a quelques années. Très souvent, quand on joue dans un film – pour quelqu'un comme moi, qui n'en fait pas beaucoup, je travaille surtout au théâtre – très souvent, on se sent un peu mis à l'écart ; mais ici, avec tous ces amis, c'était vraiment bien.
    J'écris beaucoup de lettres, et j'ai l'impression que la Poste est dans une situation vraiment difficile en ce moment. Je pense qu'il est essentiel qu'elle continue à exister, et qu'on encourage les gens à écrire les uns aux autres.
    Je pense que ce sera très excitant, très divertissant, et c'est aussi très drôle. Le film a sa touche bien personnelle, et ça me plaît.

  • Pat & Patrick Harkin et Andrew Raby, fans et figurants
  • 2010-05-23-Going-Postal-Pratchett-Fans-on-Set-2

    (Avant le tournage, Mob Films avait ouvert aux fans la possibilité d'être figurants sur le tournage. Apparemment l'amour du Disque est héréditaire dans la famille Harkin ; le Dr Pat s'était déjà fait remarquer lors de la sortie de Nation en se précipitant de Haylin Island à Londres pour être présent aux deux dédicaces de Terry... )

    Pat : Nous lisons ces livres depuis plus de vingt-cinq ans... enfin, moi en tout cas. Lui (il désigne Patrick, qui paraît effectivement trop jeune pour ça) n'en a pas encore eu la possibilité. On est allés à des dizaines de manifestations en rapport avec le Disque-Monde, on va aux conventions, on va aux rencontres à Wincanton... alors, quand la possibilité de devenir figurants s'est présentée – que Mob Films a fait cette annonce sur un des forums internet sur le Disque – on a sauté sur l'occasion !

    Andrew : J'ai commencé à lire les livres il y a peut-être une quinzaine d'années. Les gens qui réalisent ces films se sont montrés excellents pour ce qui est de faire participer les fans. Ils ont fait beaucoup de publicité pour faire savoir qu'ils allaient offrir cette possibilité, et pour nous demander de venir.

    Pat : Il fallait envoyer sa photo avec une courte description. Je ne sais pas ce qu'ils en ont fait, mais nous avons été choisis, donc ils ont forcément fait comme il fallait !

    Andrew : On nous a demandé de nous laisser pousser la barbe autant que possible dans l'intervalle ; alors j'ai arrêté de me raser, et je me suis mis à aller au travail avec un léger duvet... qui en est arrivé à ce stade depuis (il se caresse le menton). Parce que les gens d'Ankh-Morpork sont un peu.... débraillés.
    Timbré est un cas difficile, c'est un tome assez tardif dans la série, mais il introduit un certain nombre de nouveaux personnages que l'on n'avait pas encore vus.

    Pat : (à propos des acteurs principaux) C'est Poirot ! [David Suchet, ndt] C'est Manuel de L'Hôtel en Folie ! [Andrew Sachs] C'est Fran Katzenjammer de Black Books ! [Tamsin Greig]

    Andrew : Le Casting de Going Postal est tout simplement fantastique. Les acteurs qui ont été choisis sont du plus haut niveau, et ils incarnent tous vraiment bien leurs personnages. On a causé avec eux, ils ont causé avec nous ; ils sont tous géniaux, sympathiques, intéressés par notre avis sur le tournage et sur notre vision de la façon dont ils représentent les personnages. C'est très agréable ! L'expérience des derniers jours a été formidable.

    Pat : Chaud !

    Patrick : Il fait très, très chaud...

    Pat : Très très chaud.

    Patrick : Le manteau n'arrange pas les choses.

    Pat : Non. Trop d'épaisseurs ! Je vais essayer de convaincre Terry d'écrire son prochain livre sur des gens en T-shirt et en short.

    Patrick : C'est ça... il le situera en plein ouragan.

    Pat : Ouaip.

    Andrew : Faire partie de la production de ce film, c'est... fantastique, une expérience formidable. C'est vraiment bien d'assister à la fabrication. C'est quelque chose que je suis heureux d'avoir eu l'occasion de faire. Et si une réalisation comme ça amène plus de gens à la lecture, et à la lecture de livres qui sont, à mon avis, de la littérature de qualité, même si c'est du divertissement, tant mieux !

  • Sue de Beauvoir (productrice) et Jon Jones (réalisateur)
  • SdB : Pour celui-là, Jon et moi avons discuté – on n'avait encore jamais fait de Pratchett, et on voulait surtout être très fidèles aux écrits de Terry.

    JJ : Ce qui était génial avec Timbré, c'est que le livre a été écrit avant la crise financière, mais qu'il a l'air de ne parler que de ça. Ce qu'il fallait, c'était trouver un scénario, une histoire, qui aille au-delà de ça, qui le rende vivant, qui lui donne plus de force, une âme...
    On démarre avec quelqu'un qui est... immoral, mais qui ne le sait même pas, sans doute, et qui va faire un douloureux voyage pour arriver à une sorte d'état de grâce.
    A mon avis, le charme des livres de Terry, c'est qu'il essaie de trouver l'âme des personnages. Il y a ces gens très ordinaires, des individus, qui essaient de s'en sortir dans ce monde un peu cinglé, et, en cherchant ça, de trouver quelque chose qui en vaille la peine, quelque chose au-delà de l'argent.

    SdB : C'est vraiment impressionnant, pour être honnête, je pense que c'est une des choses les plus effrayantes que j'ai jamais faites, parce que j'ai une très grande admiration pour Terry et que je voulais vraiment que cela lui plaise... c'est le cas, et j'en suis vraiment ravie.

    JJ : Avoir la Poste dans une histoire de ce genre, où elle représente quelque chose de vraiment bénéfique... je me rappelle que, quand j'étais petit, je pensais que le facteur était quelqu'un de vraiment extraordinaire, parce qu'il apportait tous ces merveilleux messages... je ne sais pas pourquoi, mais personne ne pense jamais au facteur en pensant aux factures... on pense toujours à lui comme à celui qui apporte les messages agréables.

    SdB : J'aime tout particulièrement le casting. Si vous avez un bon scénario et les bons acteurs, tout prend vie d'un coup... Avec Jon et Emma, la directrice de casting, nous avons eu de longues conversations à propos de chaque rôle. Nous voulions être aussi fidèles que possible aux personnages qu'a créés Terry, parce que ce sont vraiment des personnages fantastiques.
    Pendant l'avancement du casting, pour certains rôles nous avions des acteurs particuliers en tête ; pour d'autres, nous étions très ouverts, on voulait voir ce que les gens apporteraient au rôle. Dans tous les cas, on a su immédiatement, dès que la personne est entrée, que c'était la personne que l'on voulait.

    JJ : Pour la création des clic-clac, il s'agissait de trouver comment tout devait être : la façon précise dont ça devait fonctionner, comment envoyer des messages... on a construit une cabine grandeur nature, et quelques modèles réduits. Et notre clic-clac fonctionne ! On peut vraiment envoyer des images avec. Ce n'est pas un mythe !
    En un sens, l'intrigue réunit le clic-clac et la Poste, plutôt que de les opposer. Ils font des choses différentes. Les nouveaux médias, sur le Disque-Monde, peuvent, si vous voulez, coexister avec les anciens ; c'est ce à quoi l'histoire aboutit.

    SdB : En ce qui me concerne, avant de faire ça, je voyais vraiment Terry Pratchett comme de la SF-fantasy ; mais ce qui est étonnant avec cette histoire, c'est qu'il n'y a pas besoin d'être fan du Disque-Monde pour l'apprécier. Elle a de quoi plaire à tout le monde pour beaucoup de raisons différentes. Il y a beaucoup d'émotion, de l'humour, de la tristesse... ça fait rire, mais ça fait aussi pleurer... les gens à l'esprit ouvert aimeront.

    JJ : Going Postal est un univers entier– ici et maintenant, et le Disque là-bas. Going Postal ramène un peu d'amour et d'âme à notre monde.

    par inconnu