Pièce de théâtre: le Cinquième Eléphant, à Reading

Informations
  • Titre VOThe Fifth Elephant
  • Sortie VF24/01/2013
  • LieuReading (Royaume-Uni, Berkshire)

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Samuel Vimaire est en fuite ; la chasse à l'homme est ouverte. Hier commissaire du Guet, duc et ambassadeur d'Ankh-Morpork dans le mystérieux royaume d'Uberwald (ses forêts de conifères, ses traditions identitaires, ses mines de graisse), il ne lui reste désormais que son astuce naturelle et la culotte tristounette d'oncle Vania. (Laissez tomber.)

Il neige. Il gèle. S'il ne traverse pas la forêt pour rejoindre la civilisation, une guerre abominable éclatera. Et des monstres sont à ses trousses. Intelligents. Rapides. Des loups-garous. Ils gagnent sur lui...

Voici le vingt-cinquième roman du Disque-monde. On y trouve des nains, des vampires, des intrigues diplomatiques, des héros, de la graisse antique.

L'Überwald? déjà là...

Avant d'entrer dans la salle, une série de tableaux d'Aidan Moran (le directeur artistique) accueillent le spectateur: nous voilà déjà dans l'ambiance...

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Le mot de la metteur en scène, Chris Moran

Une grande distribution est toujours difficile à gérer. Souvent, le plus difficile est de réunir tout le monde dans la même pièce en même temps! Ajoutez quelques enfants et plus que "quelques" animaux, et cela tourne au cauchemar pour le metteur en scène. Il faut que je remercie tout particulièrement Laura Mills, qui a fait un excellent travail en gérant tout en coulisses.

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Cette pièce est par essence un road-movie, il y a beaucoup de lieux qui n'apparaissent qu'une seule fois. Il nous fallait donc un dispositif qui puisse suggérer différents lieux, et des accessoires de décor pour en rajouter encore quelques-uns selon les besoins. Tout le reste était affaire d'éclairage, sons, accessoires et costumes, et j'ai eu la chance d'avoir une excellente équipe qui travaille là-dessus.

Un des plus gros défis (dans un sens, le plus grand) était le troll Detritus, joué par Alex McCubbin. Nous savions dès le début qu’il ne pourrait utiliser que deux sorties pour quitter la scène, étant donné qu’avec son costume il ne passait pas par les autres. De même, il ne pouvait pas passer d’un côté à l’autre de la scène en coulisses, à moins de prendre la sortie de secours et de faire le tour dehors, par le parking ! Nous avons songé un moment à cette solution, mais à la place nous avons soigneusement planifié ses entrées en scène et sorties, de façon qu’il soit toujours du bon côté de la scène en fonction de l’action. Aidan [le directeur artistique] et Alex ont accompli un travail magnifique en construisant le costume de Detritus, et j’ai hâte de voir les réactions du public.

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Pour monter une pièce de Terry Pratchett, il est important de rester aussi près que possible de la description des personnages, car de nombreux fans viennent et ont des attentes exigeantes quant à la ressemblance des personnages. Par chance, nous avions plusieurs amateurs du Disque-Monde parmi les comédiens: ils ont pu donner toutes les informations de fond nécessaires pour construire correctement leurs personnages d'après les nombreux romans du Disque-Monde, dont le Cinquième Eléphant bien sûr. En apprendre davantage sur les personnages du Disque Monde a été une expérience vraiment plaisante, et j'espère que pour les acteurs aussi. Je suis par contre très heureuse que nous n'ayons pas eu à fabriquer de costume pour un Eléphant!

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Pour voir le casting : consultez le document pdf, qui comprend aussi des photographies de certains accessoires utilisés sur scène, avec étapes de fabrication  :smile:
Les photographies apparaissant dans la galerie sont publiées avec l'aimable autorisation d'Aidan Moran.

Liens & documents
Crédits
  • Scénographe Laura MILLS
  • Assistant de mise en scène Heather NOBLE
  • Metteur en scène Chris MORAN
  • Directeur de production et directeur artistique Aidan MORAN
Points de vue
  • Mirliton - 10!/10
    La représentation avait lieu jeudi 24 janvier 2013, à Reading (Royaume-Uni, Berkshire) Toute une aventure… suite à quelques erreurs, nous nous sommes trompés de théâtre (oui, ça peut arriver à tout le monde, voyons) et sommes arrivés en retard, une demi-heure après le début de la représentation. Le personnel du théâtre s’est alors mis en quatre pour nous faire entrer, puis nous faire récupérer les places (d’autres spectateurs avaient profité des places libres), et voulaient nous offrir nos consommations de la buvette à l’entracte… Mais la pièce, la pièce, la pièce ! Le Cinquième Eléphant, plongée en Überwald, où Vimaire se retrouve, bon gré mal gré, à conjuguer enquête policière et intrigue politique. Que disait Veterini, déjà, à ce sujet ?... Ah, oui, « Vimaire en Überwald ? Ce sera plus amusant qu’un tatou amoureux dans un boulodrome. » Et bien voyons.

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    « Mais où est l’éléphant ? Pour éviter toute déception du public, il y a une chose capitale que vous devez savoir : il n’y a pas de cinquième éléphant dans cette pièce. D’ailleurs, il n’y a même pas les quatre autres. C’est une pièce sans éléphants. » (Kevin Copping, incarnant Paul-Loup von Überwald) L’Überwald ? Nous y sommes avant même d’entrer dans la salle : une série de magnifiques tableaux, peints par le mari de la metteur en scène, nous rappellent dans quoi nous nous aventurons… Et une fois installés sur nos fauteuils, l’Überwald est sur scène. Il est dans l’extraordinaire Lonely Planet (équivalent du Guide Vert) – pardon, Lonely Disc – que potasse Vimaire, qui ne voudrait pas commettre trop d’impairs et découvrir un peu le pays au passage (jetez un coup d’œil aux détails du quatrième de couverture dans le document pdf, ils valent le détour…) Il est aussi dans l’impressionnant défilé de nains (ou naines ? nous ne sommes pas allés regarder sous leur barbe…), aux casques et tuniques personnalisés. Dans la cohorte de loups-garous (sous toutes leurs formes) et de vampires s’affrontant par Vimaire interposé ; mention spéciale à Kevin Copping incarnant Paul-Loup, psychopathe lupin particulièrement effrayant. Dans Igor, Igor (son neveu) et Igor (un cousin), joués par Stephen Clarke, qui ont toujours la main sur le cœur (ou le cœur dans la main, parfois). Igor à l’agile démarche claudiquante, au sourire… démultiplié… et à l’accent igorien. Une petite scène ne pouvant s’encombrer de lourds décors, les Igor ouvreurs de porte (Igor, et son cousin Igor) les font aussi tourner (on est en Überwald : ce sont les portes que l’on fait tourner, pas les guéridons). Endroit : extérieur ; envers : intérieur. L’Überwald, enfin, dans Dame Margolotta, très digne dans ses horribles jupe de tweed et pull rose. John Goodman est plus que convaincant en Vimaire, policier ambassadeur accompagné de Sybil. L’humour pince-sans-rire et le cynisme de Vimaire apparaissent d’autant mieux que Ali Carroll, incarnant Sybil, se montre posée et pince-sans-rire, tout à fait dans l'esprit "Sybil Ramkin". Le Guet de voyage de son Excellence se montre particulièrement pittoresque. Hilaria, timide mais déterminée, avec une jupe « courte » (une naine, montrer ses mollets… le scandale est assuré !). Carotte, qui a tout du jeune premier. Angua, jouée avec finesse, qu’on voit bien prise entre le Guet et son appartenance au clan de loups-garous. Et, par-dessus tout, un splendide, magnifique Detritus. L’acteur incarne à merveille le troll, et son costume contribue largement à cette réussite : Detritus est là en roc et cailloux (mes excuses aux esprits pudiques).

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    Le clou, pardon le caillou du spectacle: Detritus

    La metteur en scène, Cris Moran, explique dans le programme : « Un des plus gros défis (dans un sens, le plus grand) était le troll Detritus, joué par Alex McCubbin. Nous savions dès le début qu’il ne pourrait utiliser que deux sorties pour quitter la scène, étant donné qu’avec son costume il ne passait pas par les autres. De même, il ne pouvait pas passer d’un côté à l’autre de la scène en coulisses, à moins de prendre la sortie de secours et de faire le tour dehors, par le parking ! Nous avons songé un moment à cette solution, mais à la place nous avons soigneusement planifié ses entrées en scène et sorties, de façon qu’il soit toujours du bon côté de la scène en fonction de l’action. Aidan [l’assistant metteur en scène] et Alex ont accompli un travail magnifique en construisant le costume de Detritus, et j’ai hâte de voir les réactions du public. » Les réactions du public ? Quasiment toutes les apparitions de Detritus, démarche ferme, s’appuyant sur ses bras descendant jusqu’à terre à chaque pas, déclenchaient l’hilarité. Sans parler de l’humour de l’acteur – et des facéties de mise en scène, comme le « costume » porté par le troll lors de la réception donnée par le roi nain – à savoir : une jaquette sur chaque épaule… Et, lorsqu’il doit employer son arbalète pour défoncer les portes, elle est directement encastrée dans son bras… La splendide réussite de Detritus est à l’image de toute la pièce : des acteurs dynamiques et bien dans leur rôle, des trouvailles de mise en scène particulièrement astucieuses et cocasses, et beaucoup d’énergie sur scène. Bref, une interprétation à la hauteur d’un des grands romans du Guet, de la mise en scène aux acteurs : un vrai régal. Discrète mention en fin de programme : les recettes de la pièce sont en partie reversées à l’Alzheimer Society.