Notre rencontre avec le groupe "Lavington Bound" à Wincanton

Fin avril 2011, Anilori et Leia Tortoise se sont rendues à leur premier évènement Disque-monde à Wincanton, pour la Bringue de Printemps.

Elles y ont (entre autres) assisté à un concert du groupe Lavington Bound, qui fait de la musique folk et des chansons inspirées du Disque-monde. Pour plus d'informations, consultez l'article où nous avions relayé leurs dernières nouvelles, ou suivez les liens inclus dedans.

Après le concert elles ont pu avoir une interview improvisée avec deux membres du groupe, Edward Hanfrey et Roger Scully.

En voici la transcription:

VM : Depuis quand chantez-vous sur le Disque-Monde ?

Ed Hanfrey : Depuis un an, quand nous avons fait notre première Bringue de Printemps à Wincanton ; mais notre groupe existe depuis deux ans et demi. C'est assez récent.

VM : Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Ed : Depuis la formation du groupe ; il s'est créé via des annonces sur internet. Normalement, on a aussi un guitariste, mais il est parti il y a un mois et on cherche quelqu'un pour le remplacer. Il n'y a pas beaucoup de gens qui veulent jouer dans un groupe.

VM : Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de faire des chansons sur le thème du Disque ?

Ed : Un pur hasard : quelqu'un a donné notre numéro à Reb [NdT : Reb Voyce, du Discworld Emporium]. Un autre groupe devait jouer à Wincanton, mais il n'a pas pu venir. Le Disque-Monde est un univers très riche, et les chansons traditionnelles s'y intègrent très bien. Après le premier concert, on a discuté avec Terry, et il nous a demandé s'il serait possible d'écrire une chanson sur l'Hiverrier... C'est comme ça que ça a commencé. Là, on espère jouer à la convention de Birmingham en 2012 ; l'album aura déjà été enregistré à ce moment.

VM : Vous aviez déjà lu des livres du Disque-Monde ?

Ed : J'avais joué au jeu vidéo quand j'étais petit ; je ne lisais pas beaucoup.

Roger Scully : J'en avais lu quelques-uns. Après avoir écrit Wintersmith, avec les encouragements des fans ici, on a entrepris d'écrire d'autres chansons sur ce thème, après un deuxième concert.

VM : Est-ce que vous avez entendu parler du « Wizard Rock », ces groupes amateurs qui chantent sur le thème de Harry Potter ? Est-ce qu'on peut dire que vous êtes l'équivalent pour le Disque-Monde ? « Disc Rock » ?

Ed : Non, je ne connaissais pas. A notre connaissance, on est le seul groupe de « Disc Rock ». Ça n'a rien d'officiel, on est des amateurs, on fait ça pour le plaisir ; c'est du fanart.

VM : Il n'y a pas de problèmes de copyright ?

Ed : Comme c'est techniquement du fanart, il n'y a pas besoin de signer un contrat tant qu'il y a un aspect caritatif. L'idée est qu'une partie des revenus de l'album va à des associations, et on en garde une autre partie – il faut bien payer tout le monde... Mais on voudrait bien le faire à un niveau professionnel, un jour.

VM : Au fait, qu'est-ce que vous faites, « dans la vraie vie » ?

Roger : Je suis architecte ; Edward est agent d'entretien, il a abandonné une carrière prometteuse de chef cuisinier pour se consacrer à la musique. Tor est mère de famille, ce qui est le plus dur des métiers, en un sens ; c'est pour ça qu'elle a dû partir, et qu'on a dû trouver une nouvelle chanteuse.

VM : Où en est le deuxième album ?

Ed : Toutes les chansons sont écrites, il ne reste qu'à les enregistrer, ce qu'on va faire. Ces derniers temps, on a répété de nouvelles chansons sur le Disque ; ça prend beaucoup de temps et d'investissement. Il faut qu'on apprenne à les jouer. Ça consume nos vies ! On aimerait enregistrer les chansons discales d'ici le mois d'août, on a hâte de le faire.
On écrit aussi un troisième album, avec nos propres chansons. J'ai été en Inde, et ça nous a donné un intérêt pour les musiques du monde ; on veut introduire tout ça dans le mélange. A nous tous, on a des centaines d'instruments !

Edward s'éclipse pour ranger le matériel.

VM : Vous aimeriez travailler plus officiellement dans le monde du Disque ?

Roger : J'aimerais beaucoup écrire la bande originale d'un film du Disque-Monde. Notre musique est très « spectacle », elle irait bien sur la scène. Les mélodies s'intégreraient bien dans une comédie musicale. Ce sont des airs sympa, même les chansons noires ! En ce moment, je me contente de lire les livres et d'écrire des chansons dessus, ça me va.

VM : Que signifie « Lavington Bound » [NdT : « en route pour Lavington »] au juste ?

Roger : Lavington est la ville où habite Tor ; avant, on y faisait beaucoup de concerts. On devait souvent aller à Lavington, alors on a pensé que c'était assez approprié... « en route pour Lavington... encore ! ». Et je suis tombé amoureux du nom ! Il fait très chanson populaire. Avant, on s'est appelé Devolution pendant environ six mois, mais ça sonnait plutôt rock, pas vraiment l'image qu'on voulait donner. Alors on a décidé de changer de nom, pendant un trajet vers Lavington.

VM : Vous avez d'autres idées de chansons, sur le Disque-Monde ou autre chose ?

Roger : Quelques-unes ! Il y en a quatre que nous devons écrire : une sur Va-t-en-guerre – un chant de marche – une sur La Huitième Couleur, et on voulait aussi en faire une sur les couturières... c'est un thème traditionnel dans la chanson populaire. On est un groupe folk qui fait essentiellement des chansons originales, mais aussi des reprises de chants traditionnels, et remanier des airs traditionnels est un bon début. Jusqu'ici on n'a repris que deux mélodies traditionnelles, « Ankh-Morpork » [NdT : sur l'air d' « Amsterdam » de Jacques Brel] et « Equal Rites », sur l'air de « Briggs Fair », une chanson traditionnelle anglaise.

VM : Et la quatrième ?

Roger : Le titre pourrait être « A Hat Full of Sky » [NdT: "Un Chapeau plein de ciel"]. Là, « Where's my cow ? » est l'air qui a le plus de succès ; il y a tout un monde dont on peut s'inspirer ! C'est chouette, mais ce n'est pas facile. C'est génial que les gens aient pu venir nous écouter. Notre page Myspace a eu des quantités de visiteurs, environ 800 en une soirée, quand le Discworld Monthly a parlé de nous ; normalement c'est plutôt cinq ou dix...
On n'a jamais chanté nos chansons discales ailleurs qu'ici. Le groupe a traversé une période difficile, on a perdu des gens, on en a trouvé d'autres, on a du mal à garder une formation. Mais on a l'impression que les chansons sur le Disque marcheront bien auprès du grand public.

"Davina", un habitué de Wincanton, qui passait par là : Il y a déjà eu de la musique sur le thème du Disque-Monde avant ; Dave Greenslade a fait un album entier inspiré par le Disque. Mais ce n'étaient pas vraiment des chansons, plutôt un genre de new age des années 70-80 dans les années 90. Pas le genre de chansons qu'on peut fredonner ou siffloter.

Roger : Le public ici est très content, et ça se retrouve dans les chansons. C'est un plaisir de jouer pour des gens qui veulent nous écouter !

"Davina" : Les gens ne viennent pas pour le Disque-Monde, ils aiment le style Lavington Bound. C'est plus sympa que la musique folk anglaise habituelle.

VM : C'est très dynamique, ça ne ressemble pas aux clichés de la musique folk ; c'est plus jeune, plus moderne.

Roger : La musique folk se porte très bien en Angleterre en ce moment, mais on a tendance à penser que c'est « pour les vieux » ; alors que c'est quelque chose qui parle à tout le monde – littéralement, c'est la musique « du peuple ». La mauvaise réputation s'attache à l'image qu'on s'en fait, pas à la vraie. Ce sont des harmonies vocales, on peut faire tomber les gens à la renverse avec ça !

VM : Joli mot de fin. Merci beaucoup !

Merci à eux d'avoir relu la transcription et nous avoir permis de vous faire partager cette présentation, et d'avoir gentiment signé le Dedicacium!