Laissez-nous partir dans la dignité et la tranquillité

Un nouveau rapport controversé recommandant la légalisation du suicide assisté pour les adultes à qui il reste moins d'un an à vivre a été vivement critiqué.

L'étude de la commission sur le décès assisté est le point culminant de douze mois de recherches financées par le lobbyiste Terry Pratchett et l'homme d'affaires Bernard Lewis.
Ironiquement, puisqu'il souffre d'alzheimer, Sir Terry serait exclu de tout changement légal proposé car pendant les derniers stades de la maladie il n'aura pas la capacité de prendre une décision saine.
Mais ce sexagénaire nous explique ici pourquoi il souhaite voire légaliser le suicide assisté de son vivant:

"Le rapport de la commission sur le décès assisté est un important pas en avant.
Depuis longtemps les gens au Royaume-Uni parlent du décès assisté, qui est déjà légal dans plusieurs pays et dans les États américains de l'Orégon, du Montant et de Washington.

Mon père m'a dit une fois, "Si tu me vois dans un lit d'hôpital avec des tubes qui sortent de moi et qu'il n'y a aucun espoir de guérison, débranche-moi."
Prenez-le comme vous voulez, beaucoup de monde au Royaume-Uni partage cette opinion. Mon père, David Pratchett, était ingénieur, un travailleur. Il ne pensait pas que forcer quelqu'un à souffrir jusqu'à la mort était bien.
C'est comme les envoyer en enfer avant même qu'ils soient décédés.
J'ai hérité du stoïcisme de mon père et aussi de son attitude envers la mort, qui est largement en accord avec les conclusions de la commission pour le décès assisté.

Les critiques passent à coté de plusieurs points importants.

Tout d'abord, vous devez avoir l'esprit clair pour pouvoir recourir à votre suicide assisté et être capable de dire clairement ce que vous souhaitez.

Au fil des progrès de mon alzheimer, je n'aurais plus cette clarté, ce qui m'éliminerait en tant que candidat potentiel.
Aux Pays-Bas ils discutent de la possibilité pour que les gens ayant l'alzheimer puissent laisser un testament de leur vivant.
Cela permettrait à un médecin s'en occupant de leur administrer les drogues nécessaires pour un décès sans douleur quand la maladie sera suffisamment avancée. Toutefois, ce n'est pas une procédure envisagée ni même réclamée au Royaume-Uni.

Beaucoup de gens en désaccord avec le rapport affirment qu'une grande partie de la population britannique est nerveuse au sujet du suicide assisté.

Je ne suis absolument pas d'accord.
En fait, je pense qu'il y a beaucoup d'organisations qui ont pour objectif de défendre ce point de vue.

N'oublions pas que le rapport insiste pour que tous ceux qui seraient qualifiés pour un décès assisté devraient être proches de la fin de leur vie.
Il y a beaucoup de garde-fous en place pour s'assurer qu'aucun patient vulnérable ne puisse être poussé vers un décès qu'il ne veut pas.

La commission dit que le patient doit être sain d'esprit, avoir une volonté intacte et souffrir d'une condition débilitante et incurable.
Nous parlons de quelqu'un qui prend une très importante décision pour mourir.
La procédure impliquerait des médecins, des rapports, et divers niveaux de la bureaucratie.
C'est une situation déchirante et pas quelque chose qu'on pourrait raisonnablement imposer au faible contre sa volonté.
Mais avec les bons garde-fous en place, je ne vois pas pourquoi un pays comme la Grande-Bretagne ne pourrait pas réussir à introduire le suicide assisté.
Prétendre le contraire n'est que poudre aux yeux, c'est effrayer les gens.

Pour l'instant, les Britanniques qui veulent le décès assisté doivent voyager à la clinique Dignitas de Suisse.
J'ai moi-même les papiers pour Dignitas mais ne suis pas allé jusqu'au bout de la procédure.
Devoir mourir à l'étranger, loin de ma famille dans un environnement étranger, n'est pas quelque chose que je souhaite.

Ma mort idéale serait de s'asseoir dehors sur le gazon, un verre de brandy à la main. Le compositeur anglais Thomas Tallis tournerait sur mon walkman, les oiseaux chanteraient, avec peut-être une jolie médecin à mes cotés.
Sinon, alors une mort confortable très loin dans le futur, en sachant toujours qui je suis, dans ma maison, avec les gens que j'aime autour de moi.

Ça n'a rien à voir avec la sainteté de la vie, mais avec la dignité.